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Mercredi, 02 Mars 2016 10:40

REQUIEM POUR MOHA OU LHOUSSAÏNE ACHIBANE Par Mohamed EL MANOUAR.

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Une étoile de l’ahidous vient de s’éteindre. Une parure magique qui s’en va dans le lointain sans se retourner. Le père Muhand Ouchibane et la mère Rqia Lahcen n’avaient qu’un fils unique, Moha. Il naquit en février 1903 dans le douar Azrou n Ayt Lahcen (à ne pas confondre avec Azrou n Ayt Myill) dans la tribu des Ichqirn, lignage des Ayt Yaâqub Ou Aissa de Laqbab dans la région de Khénifra. Ses papiers administratifs indiquent toutefois la date de 1916 et, de son vivant, Moha confirmait que la déclaration de cette date lui avait permis de s’engager dans l’armée française et d’échapper, pour ainsi dire, aux pénibles travaux agricoles dans les terrains de sa famille, de surcroît, non rémunérés. Soldat, il participa du côté français contre l’offensive allemande durant la seconde guerre mondiale. A la fin de la grande guerre, il rejoint le pays natal, et fut affecté dans les rangs du 23° Goum Mixte Marocain. Peu de temps après, il devint chef des Mokhazni dans la caserne du 4ème Makhzen Mobile à Settat.

Rebelle, il refusa de se plier aux ordres de ses supérieurs de l’armée française et fut alors, par mesure disciplinaire, réaffecté comme mokhazni ou chawch, à Imilchil chez les Ayt Hdiddou, au bureau des affaires indigènes dont il s’occupait du cheval de l’officier en charge des A.I. C’était en 1948 et 1949. Durant son séjour à Imilchil, il participa à certaines opérations ponctuelles dans la région des confins algéro-marocain, à Bou Denib. Moha u Lhoussaïne avait trois passions qui lui collaient à la peau depuis son adolescence. Il ne pouvait s’en démettre : Ahidous qui le faisait vibrer, la fantasia (tafrawt) et le cheval dont il connaissait les coins et les recoins, sa maîtrise du mousquet à poudre (Bouhbba) et le tambourin (allun ou tallunt) qui ne le quittait jamais.

Il saura par la suite et, chemin faisant, l’investir dans son entreprise naissante au fil des ans et en faire la synthèse, une alchimie de verbe, de mouvement et de geste, dans ses spectacles, ce qui lui aura valu d’être consacré le Maestro, titre qui lui a été discerné pour la première fois par l’ancien président des USA, Ronald Reagan en 1984 lors des festivités marquant l’inauguration du pavillon « Maroc » à Walt Disney en Floride.

La troupe d’Ahidous de Laqbab était, durant cette époque, une troupe, le terme est inapproprié, comme toutes les autres, celle qu’on réunissait à des occasions ponctuelles. Après, chacun vaquait à ses occupations dans l’insouciance du lendemain.

Ses véritables créateurs étaient des aèdes de la tribu des Ichqirn dont notamment : feu Lahcen Ouârab, né en 1928, feu Ghousib sidi Ouâtmane, né en 1934, Lhadj Sghir, né en 1935, Lahcen Amhaouch, né en 1940, Hafi Moha Oulhoussaïne, né en 1940. Ce dernier fut désigné à l’unanimité des membres pour être son chef de file. Il refusa et proposa le nom de Moha Ou Lhoussaïne eu égard à ses compétences, à son implication, à son agilité et à son caractère militaire. La troupe était alors composée de 16 personnes : 8 hommes de Lqbab et 8 autres de Tighssaline. Aucune femme n’y figurait .

La désignation de Moha marqua une étape décisive dans l’évolution de la troupe. Il y incorpora 5 femmes.

Le Festival national des Arts populaires de Marrakech, certaines personnalités auront contribué à enclencher la longue trajectoire du groupe sous la conduite magistrale de cet artiste hors pair qui grimpa vite l’échafaudage de la notoriété et de la prééminence. Il était de la quasi-totalité des manifestations nationales et internationales.

Par son spectacle exquis où la poésie (afrradi, tamawayt et izli), la danse, les gesticules qui rappellent tafrawt, la fantasia, le rythme, le maestro donna à sa troupe et à Ahidous leurs lettres de noblesse et fera, sans le vouloir des émules qui suivirent, sans jamais réussir à l’imiter dans ses subtilités, l’exemple du mirage du maître incontesté et inégalé dans ce genre du riche patrimoine amazighe qui ne fait que s’épanouir, proliférer dans tout le Moyen-Atlas. Et le Festival National d’Ahidous de Ain Louh en est la consécration.

Moha Ou Lhoussaïne Achibane a servi assidument et avec une constance admirable cet art pendant soixante dix ans. Il participa avec sa troupe à un film tourné à Essaouira avec Touria Jebrane et Tayeb Saddiki. Il y incarna le personnage de Moulay Ismaël monté à cheval, suivi par sa troupe, son groupe derrière sa croupe.

Ses multiples pérégrinations lui ont permis de visiter plusieurs pays dont nous ne citerons que les USA (Floride, Los Angeles, New York), la France, l’Espagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Côte d’Ivoire, l’Algérie…, ce qui s’est traduit par l’essaimage de cet art à travers le monde et ce qui a facilité à Moha Ou Lhoussaïne de nouer plusieurs contacts avec des personnalités comme Moulay Ahmed El Alaoui, Michel Jobert, Ahmed Snoussi et d’autres nombreux et essaimés.

Plusieurs hommages lui ont été rendus lors de manifestations nationales.

La presse n’y été pas du reste. Sa Majesté Mohammed VI le décora en 2002 à Tanger à l’occasion de la fête du Trône du wissam Al Moukafaa Al Wataniyya.

En 2011, l’artiste, au faîte de sa gloire, fit sa révérence. L’âge, la maladie aidant, il remet le lourd flambeau à son fils Lhoussaïne.

L’étoile de l’Ahidous marocain s’éteint le vendredi 19 février 2016 à 5 h du matin dans son domicile de Lqbab à l’âge de 113 ans vécus en longueur et en largeur. Il gît dans sa terre natale parmi les siens, les ichqirn de Khénifra.

Adieu l’ami…de tous.

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