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Vendredi, 28 Septembre 2012 14:05

La station LIXUS sur les rails

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Tant attendue, la fameuse convention d’aménagement de la station Lixus vient d’être signée le 25 septembre 2012 en présence du chef de gouvernement.

Une pointe d’autosatisfaction accompagnait cet événement.

Développée par le groupe Alliance Développement, cette convention met fin au déboires de la station de Lixus de Larache avec les nouveaux partenaires (du groupe Alliance développeur du projet le Fonds Marocain de développement touristique et la CDG). L’infrastructure hors-site, tels que l’assainissement, le raccordement en eau potable et en électricité, le réseau téléphonique et le réseau d’arrosage, ont été réalisés en intégralité. Quant aux travaux de raccordement au réseau routier, ils sont également en cours de finalisation. La mise en service des deux accès Nord et Sud est programmée pour l’été 2014.

Le golf et le Club House, pour leur part, sont d’ores et déjà fonctionnels. Quelque 80 unités résidentielles ont également été livrées. Un premier hôtel est en cours de construction. Cinq au total sont prévus, dont un Hyatt Regency et un Hilton qui seront mis en service d’ici trois ans. Les constructions seront lancées avant la fin de l’année, annonce-t-on.

La première phase sera finalisée d’ici 2015. La deuxième, quant à elle, vient d’être entamée. Les premiers travaux d’infrastructures ont été lancés. Ceux de la marina démarreront incessamment.

La deuxième tranche prévoit un club équestre, une base nautique et un hôtel.

Le groupe Alliance avait également annoncé la mise en place d’une cité sportive en bonne et due forme, pour un maximum d’animation sur le site, ainsi qu’un centre médical. 


L’ouverture de Sofitel de Casablanca n’est pas vue de bon œil par les hôteliers de Casablanca. C’est le moins que l’on puisse dire quand on sait que ces derniers considèrent que ce nouveau-né a commencé par enclencher une part de marché à ses pairs de la catégorie cinq étoiles. Il est vrai que les dirigeants de cet établissement profitent de la bonne implantation et de la notoriété érigée par les précurseurs de Sofitel au Maroc pour s’inscrire dans la rentabilité à travers un marketing agressif. Encore faut-il qu’il soit dirigé avec le dynamisme et le professionnalisme dans la durée qui caractérise la gestion du groupe. Chose que l’on ne perçoit pas pour le moment. En tous les cas la réputation de Sofitel a précédé son ouverture pour que certains hôteliers casablancais sentent souffler le vent d’une concurrence impitoyable dans le tourisme des affaires. C’est ainsi qu’en un laps de temps, le taux de remplissage de l’hôtel Hyaat Regency a perdu trois points, chose qui a suscité une mobilisation sans précédent au sein de sa direction. Et pour cause, les dirigeants de Sofitel ont joué sur la baisse des prix pour attirer les hommes d’affaires dans son giron. C’est ainsi que le prix de la chambre a été fixé à 1200 dh alors que l’offre de Hyaat Regency par exemple se situe un peu plus haut à 1800 dh. Son patron Kabbaj n’a pas attendu longtemps pour réagir en engageant un nouveau directeur d’exploitation afin de parer à cette situation dans les meilleurs délais. Il est vrai que dans le monde du libéralisme où nous vivons la concurrence loyale, est une bonne chose pour le client et donc pour le tourisme en général. Mais il ne faut pour autant brader les prix et tomber indéniablement dans la médiocrité avec une dégradation de la qualité et des prestations de services. On espère que les dirigeants de Sofitel de Casablanca sont conscients de ces risques ainsi que l’ensemble des hôteliers de cette catégorie ? Dans notre prochain numéro, nous analyserons les différentes offres des hôtels 5 étoiles de Casablanca.

Décidément tout est clandestin dans notre tourisme et ce depuis des lustres : les guides, les voyagistes, les transporteurs, les hôtels, les maisons d’hôtes, les gîtes, les auberges. Voire les chiffres du tourisme quand les statistiques tardent à venir. Et même quand ils

s’affichent, ils présentent une situation clandestine qui ne ressemble pas à la réalité subie par les professionnels.

La clandestinité est devenue un terme banal dans ce secteur où elle sévit depuis des décennies même s’il est vrai que l’Etat a engagé depuis longtemps une lutte acharnée contre l’informel. Mais quand le mal se propage dans le corps, il est toujours difficile de le contrer en totalité. Et le mal de ces dernières années est l’hébergement clandestin qui se cache dans des endroits difficilement repérables comme les appartements, les maisons dites d’hôtes, les gites et les auberges éloignées.

Tout le monde s’est autoproclamé professionnel du tourisme à partir des locataires, des taximen, des courtiers, des concierges, voire certaines agences immobilières.

Tout ce petit monde exerce dans l’illégalité en s’enrichissant aux dépens de la corporation et des intérêts de l’Etat. Car d’un coté les vrais professionnels paient près d’une vingtaine d’impôts et d’un autre les hébergeurs informels gagnent de l’argent facile et font perdre de l’argent à l’Etat. Les professionnels sont, du coup, assujettis à une concurrence déloyale qui ne dit pas son nom, ni son …adresse, ni ses revenus. Un fléau qui s’est propagé dans toutes les villes du royaume et notamment dans les cités touristiques les plus huppées comme Marrakech, Agadir, Fès, Tanger et autres.

Les hôteliers ont longtemps demandé aux pouvoirs publics de remédier à cette situation qui nuit à l’image du tourisme national avant que ces derniers ne prennent vraiment les taureaux par les cornes.

Les résultats sont assez probants car depuis quelque temps plusieurs faussaires du tourisme ont été épinglés par les services d’inspection conjoints du ministère du tourisme et de l’intérieur. La dernière prise en date remonte à fin juillet quand les services concernés du tourisme à Tanger ont ratissé large dans les établissements clandestins. Le constat est révelateur avec une vingtaine d’hôtels (sur 87 contrôlés) qui ont été fermés, d’autres ainsi que des maisons d’hôtes, auberges, gites ont été sommés de régulariser leurs situation de classement.

La création des lieux d’hébergement à Tanger a connu un boom sans précédent surtout lorsqu’on sait que leur ouverture ne demande qu’une simple autorisation de la commune urbaine. Le tourisme est-il tombé aussi bas pour le mettre entre les mains de certains élus, dont le meilleur n’a besoin que d’un certificat d’étude pour devenir président de la commune. Vivement le tourisme des cancres ! Celui-là même qui fait appel à des touristes étrangers bon marché qui risquent tout pour payer moins dans un appartement meublé où tout peut se passer.

C’est ce qui se passe aussi à Marrakech où les Riads et les villas se sont transformés en maisons d’hôtes. Quant aux appartements meublés, ils fleurissent partout dans la ville que ce soit à Gueliz, l’hivernage, Hay Mohammedi et autres quartiers. Là aussi, les commissions de contrôle ont épinglé des centaines de villas, d’appartement et de maisons qui servent comme lieux d’hébergement clandestins pour les touristes. Un véritable fléau qui fait très mal au tourisme marrakchi déjà à bout de souffle par la cadence répétée des crises économiques et autres.

Autant dire que malgré les campagnes d’assainissement qui se multiplient partout au Maroc, il est vraiment difficile de venir à bout de l’hébergement clandestin dans ces lieux appartenant à des particuliers.

D’autant plus que les taximen, les concierges, les courtiers (Samsaras) emploient le système D pour dénicher tout appartement vide à louer. Ceci ne doit pas décourager les services de contrôle qui devront donner la priorité aux hôtels clandestins qui nuisent le plus à l’image du tourisme national.

Comme le dit si bien un hôtelier chevronné, il est difficile de s’attendre à une croissance face à une hôtellerie clandestine ravageur qui ne paie ni impôts, ni charges sociales. C’est par là qu’il faut commencer en imposant des critères de classement sévères qui donnent la primauté au service et à la qualité de prestation.

Ce faisant les faussaires de l’hôtellerie se retireront d’eux-mêmes d’une industrie qu’ils ne confectionnent guerre.

Inimaginable ! Et pourtant c’est la réalité toute crue. Pour le ministère du tourisme marocain, Le temps s’est arrêté en 2008. Les maigres indicateurs touristiques qu’il distille n’ont plus bougé depuis cette date si l’on se réfère audit site dudit ministère.

D’ailleurs et c’est un signe de l’état d’esprit défaitiste des responsables de ce département, la dénomination de ce site n’évoque     pas un ministère mais une «administration du tourisme».

Un site très banal, limité, paresseux, voir nul à l’image de cette simple administration où on légalise sans scrupule, l’incompétence, le laisser-aller et l’inintelligence. A preuve, la page d’accueil de ce site attardé est à moitié vide à la verticale, l’écriture est si minuscule que la dénomination du site avec le drapeau marocain est presque invisible.

Quant au contenu, il est plus que basique avec un rubriquage rudimentaire, une hiérarchisation désordonnée, des pages introuvables (investir au Maroc) et une multiplicité de liens dans la recherche. Et pour boucler la boucle, la rubrique « tourisme en chiffres » affiche des tableaux inachevés : l’évolution annuelle des principaux indicateurs touristiques s’arrête à l’an 2009, celle de la capacité d’hébergement est bloquée en l’an 2008, celles des arrivées et des nuitées à 2009. Explication de texte : Il n’y a plus de touristes depuis 2008, la capacité hôtelière n’a pas changé depuis et le temps touristique s’est arrêté …sur un site web abandonné par les génies du ministère du tourisme.

Il n’ ya plus de webmaster au Maroc pour actualiser un site qui présente le ministre Lahcen Haddad avec la biographie publiée par la dépêche de la MAP lors de sa nomination. Terrible constat pour un département dont l’outil principal de vente de ses produits repose sur la communication. C’est si terrible que l’office national marocain de tourisme(ONMT) qui est le bras armé du ministère avec un budget conséquent (500 millions de DH), ne dispose pas de site web et vous renvoie au lien de celui de « l’administration du tourisme ».

Le degré zéro de communication qui explique pourquoi les professionnels récusent le système D de l’ONMT. Et l’on s’étonne que l’on n’ait pas encore atteint les objectifs de la vision 2010 et que l’on ne sache pas pourquoi notre pays n’a pas profité du printemps arabe surtout vis-à-vis de ses concurrents immédiats, la Tunisie et l’Egypte, pourtant minés par leur révolution. Pis encore, ces deux pays ont fait mieux que le Maroc si l’on se réfère à la dernière édition du baromètre de l’OMT qui indique que pendant la période allant de Janvier à Mai la région de l’Afrique du Nord a affiché l’un des meilleurs résultats avec la Tunisie( + 48%) et l’Egypte( +29%).

Le Maroc qui a passé un printemps calme, avec comme bonus une nouvelle constitution et un nouveau gouvernement, a enregistré une tendance baissière de 4%. Le monde à l’envers.

Quelques jours avant la publication des chiffres de l’OMT, le ministre du tourisme, Lahcen Haddad, disait, dans une longue interview à la chaine arabophone Al Arabia que le Maroc a souffert du printemps arabe. Mais il n’est pas allé au bout de son raisonnement en nous expliquant pourquoi le tourisme marocain qui devait tirer son épingle du jeu des révolutions arabes en a plutôt lourdement pâti. Et pourtant l’explication est toute faite mais le ministre n’a pas osé incriminer son département et notamment l’ONMT qui n’a pas su expliquer à ses partenaires des marchés émetteurs que le Maroc n’a pas connu de révolution. Car, et c’est où le bât blesse, les responsables de beaucoup de pays occidentaux mettait le Maroc dans la case « pays à risque pour cause de révolution ». Quant on ne peut pas réfuter de tels arguments fallacieux, mensongers et aussi perfides, c’est qu’on ne mérite pas d’être responsables d’un département, office ou autres institutions étatiques. L’autre trouvaille du ministre et de ses collaborateurs, c’est cette manie de jouer subtilement avec les chiffres dans les comparaisons que ce soit en progression ou en régression.

Dans l’interview précitée, Lahcen Haddad considère que la chute, enregistré durant les quatre premiers mois de 2012, est relative (-4%). Car estime-t-il, il ne faut pas la comparer à la même période de 2011 qui étaient une année exceptionnelle et du coup le nombre des arrivées reste supérieur à celui de 2010(+6%).

Les responsables du tourisme national qui reprennent en chœur le refrain de leur ministre, pouvaient mieux faire pour avoir un chiffre comparatif plus positif en prenant comme base l’année la plus mauvaise du tourisme national en revenant encore plus loin en arrière. C’est ridicule, mais malheureusement le ridicule ne tue pas. Car même si le tourisme national a connu une reprise au mois de mai, les indicateurs du cumul des cinq premiers mois restent négatifs : baisse des arrivées (-2%), des nuitées (-4%), taux d’occupation (39%). Ce sont les marchés émetteurs traditionnels qui ont fait défaut, tout aussi anéantis par la crise économique mondiale. A commencer par nos premiers clients, les français qui ont fait défection avec une baisse de volume d’arrivée de -4% et de nuitées de -14% sur la période allant de janvier à Mai 2012. Les Allemands (-5% et -16%), Les Italiens (-12% et -34%), les Belges (-3 et -16%), les Anglais (-2 et -3%) ferment la marche de ces contreperformances.

Les deux locomotives du tourisme national en l’occurrence Marrakech et Agadir ont du coup subi les plus mauvais coups avec respectivement -6% et -12% en baisse de nuitées. Par contre d’autres villes restent dans le vert mais leur volume est très restreint en ce qui concerne les nuitées comme Casablanca (+6%), Tanger (+7%). Mais la palme revient à Oujda /Saadia qui a enregistré le plus grand score en nuitées (+ 38%) suivi de Tétouan avec 21% toujours au cours des cinq premiers mois de l’année 2012.

Deux villes que l’on n’attendait pas dans ce registre d’or comme on n’attendait pas la ruée avec autant force des touristes arabes. Ce sont certainement ces derniers qui ont sauvé la mise au tourisme national à fin mai avec un nombre d’arrivées qui s’est accru de +36% et surtout une importante progression en nuitées de 61%. Voilà un marché en or qui aurait pu être mieux exploité lors du printemps arabe si la promotion et la communication de l’ONMT et du ministère étaient mieux canalisées.

Le marché des résidents suit cette courbe ascendante avec une augmentation des nuitées de 11% avec le même volume d’arrivées que pendant la période précédente de 2011. Ce qui ne suit pas par contre, c’est le transport aérien avec la RAM qui perd de plus en plus d’altitude malgré les subventions de l’Etat.

Normal puisque le commandant de bord n’est autre que l’eternel Driss Benhima qui a excellé comme personne d’autres dans la suppression des vols, dans la compression du personnel et dans l’excès des propos.

Partout où il passe, ça casse. Et comme pour suivre le pas de ce gestionnaire qui excelle dans l’échec, les responsables de l’ONDA n’ont trouvé de mieux que d’augmenter les taxes d’aéroport dans une conjoncture de crise aigue. Du coup, La compagnie Ryanair a jeté l’éponge en décidant de supprimer 34 vols entre le continent européen et le Maroc dont certains relient Marrakech, Fès et Tanger.

Une hémorragie qui a commencé depuis quelques années avec le départ de plusieurs compagnies Löw cost et l’arrivée de moins en moins de charters.

Depuis longtemps les professionnels disent « sans aérien, pas de client » mais il semble que personne ne veut les entendre comme si l’on veut saborder un tourisme déjà mis à mal par un ministère qui n’arrive pas à construire un site web digne de ce nom. Et comme le ministre Haddad et ses collaborateurs savent manier l’étude comparative chiffrée en la rendant à leur faveur, il serait intéressant qu’ils nous remettent çà avec les exploits des iles canaries. Sachant que cet archipel accueille 12 millions de touristes, que ses habitants ne dépassent pas 2 millions et quelques et que son territoire est aussi grand que la région de Souss Massa Draa.

Abou Ilyes

 

Il est des concepts qui font montre d'une utilité sans cesse vérifiée ; ainsi en est-il de celui de crise. On la masque, on la travestie avant pouvoir l'utiliser pour expliquer "les difficultés que traverse notre tourisme".

La crise est là ; de fait, elle est là depuis déjà un petit moment et, quoi que l'on n'en dise, elle n'explique pas à elle seule "les difficultés que traverse notre tourisme".

Celles-ci, au-delà de la crise, sont dues en grande partie à l'aveuglement de nos pouvoirs publics qui, malgré des résultats en berne, persistent à maintenir les mêmes dirigeants à la tête des principaux opérateurs publics participant au tourisme national.

De fait la question de la compétence au Maroc ne semble pas se poser.

La RAM, L'ONCF, la CDG, l'ONMT, l'ONDA ; certaines de ces officines gérant de l'argent ou du patrimoine public sont aux mains d'une direction en déconnection complète de la réalité économique, sans objectifs tracés, sans perspectives concrètes et surtout sans compte à rendre.

Prenons l'exemple concret du transporteur aérien Royal Air Maroc ; depuis l'arrivée à sa tête de Driss Benhima, la compagnie ne cesse de couler, les difficultés se multiplient, la voilure se réduit, des lignes ferment... partout ailleurs dans le monde l'on changerait de P-DG ; est-ce sa faute ou pas, est-il responsable de la situation ou pas, ces questions ne se posent pas ; il a été nommé pour améliorer une situation, il n'en a pas été capable ; point.

Passons à l'ONCF ; ses trains, souvent en retard, sont mal entretenus, mal climatisés, mal nettoyés ; pendant ce temps ces filiales hôtelières "La Mamounia" et "Michlifen" dilapident des sommes astronomiques sans que l'on y voit de finalité économique. Une autre filiale hôtelière "Le Palais Jamai" à Fès, n'a pas cette chance : son locataire, Accor, menace de se retirer si une rénovation n'est pas entreprise d'urgence. Et pendant ce temps, son DG, Mohamed Rabie Khlie, entame tranquillement la 10ème année de son mandat.

Bref, le moins que l'on puisse dire c'est que nos pouvoirs publics favorisent la "continuité", en conservant à leurs postes des personnes qui sous d'autres cieux auraient déjà plié bagage ; les critères émotionnels prendraient-ils le pas sur les questions de compétence ? De toutes les manières un blanc-seing est accordé à ces responsables. Pourtant l'exemple de l'ONDA le montre, pour peu que l'on se donne la peine de chercher un petit peu, l'on découvre des perles...

Fayçal Zeghari

Il faut le reconnaitre, les professionnels du tourisme affichent toujours un courage exceptionnel quand les vents tournent dans le mauvais sens. Et tout le monde sait que les tempêtes de crises économiques les plus violentes touchent plus fréquemment l'industrie touristique qui est la plus volatile de toutes les industries.

Ils l'ont démontré à maintes reprises, les hôteliers, les agents de voyages et autres opérateurs encaissent les coups les plus durs mais résistent avec une force tenace pour ne pas tomber K.O. Et c'est d'autant plus vaillant de leur part que lorsque leur bateau tangue dangereusement entre les vagues dévorantes de la crise, personne ou presque ne vient à leur secours.

Ils ont traversé l'océan des crises depuis la guerre du Golfe de 1991 sans que l'Etat, les banques, les autorités locales et autres operateurs publics et privés ne l'aient vraiment accompagnés dans leurs difficultés financières. Bon gré, mal gré, les professionnels arrivent à redresser la barre en s'adaptant aux conjonctures dans un secteur très fluctuant et donc fondé souvent sur des pures conjectures. Mieux encore, les opérateurs touristiques marocains arrivent parfois à sortir leur épingle du jeu quand d'autres pays plus développés perdent beaucoup de points devant la crise. Autant dire qu'à force d'être tout le temps touchés de plein fouet, ils se sont forgés une immunité contre les difficultés et trouvent la parade pour contrer tout obstacle.

A preuve, leur résistance à la crise économique sans précédent qui frappe le monde entier depuis 2008. Ils ne manquent pas d'idées, voire ils débordent d'idées innovantes pour attirer les touristes qu'ils soient étrangers ou marocains mais ils sont souvent confrontés à leur inapplication sur le terrain faute de coopération étatique et autres. Mais cette année qui s'avère la plus dure de la crise, ils ont mis le paquet pour concocter des offres promotionnelles innovantes notamment à leurs clients marocains. Plus de 200 hôteliers et   pour la première les agents du voyage s'investissent dans la promotion du tourisme interne. Ces derniers proposent des packages complets qui ne différent aucunement à ceux accordés aux touristes étrangers. Comme quoi le service à deux vitesses (nationaux/étrangers) est révolu et que les uns comme les autres bénéficieront des mêmes tarifs promotionnels et des mêmes offres diversifiées avec une multitude d'activités d'animation et de loisirs. Et pour éviter les ambigüités des années précédentes, un site web a été ouvert où le touriste marocain peut consulter les offres des hôtels et des agences, les bons plans pour chaque destination et la possibilité de réservation et d'achat en ligne.

La transparence est de mise puisqu'on y retrouve des offres intéressantes comme celle de cet hôtel qui vend la chambre double avec petit déjeuner à 170 DH. Les hôteliers marrakchis ont fait mieux puisqu'ils ont accordé leur violon en matière de prix par catégorie : on y trouve un package familial pour deux personnes dans un 5 étoiles à 750DH avec comme bonus la gratuité pour deux enfants de moins de 12 ans.

Les hôtels 4 étoiles offrent la chambre à deux personnes pour 500Dh et les établissements à 3 étoiles proposent la chambre à 360 DH. En général , la réduction des tarifs peut dépasser les 50% et les prix pour le mois de juillet varient entre 250 et 300 Dh pour les 3 étoiles (petit déjeuner ou en demi pension), entre 350 et 400 Dh pour les 4 étoiles et entre 400 et 500 Dh pour les 5 étoiles. Il faut convenir que ces hôteliers font de gros sacrifices avec des prix qui défient toute concurrence alors qu'on est en haute saison.

Ils pratiquent ainsi les mêmes prix qu'ils accordent aux tours operateurs sachant que les clients de ces derniers sont nombreux et séjournent au minimum pendant une semaine. Si ce programme se passe dans les meilleures conditions, il est clair que les hôtels vont faire très mal aux hébergeurs clandestins (appartement et autres) qui pratiquent des prix beaucoup plus élevées selon les régions.

L'innovation de cette année consiste en une offre spécifique pour le mois de ramadan où généralement l'activité baisse considérablement (entre 30 et 40%). Certains établissements ont adapté leurs activité aux horaires du Ramadan avec du sport et des loisirs pendant la journée et des Ftours avec animation avec des packs familiaux ou pour enfants. Autant dire que dans l'esprit des professionnels, le ramadan ne rime pas avec l'immobilisme et qu'ils savent que leurs clients veulent jeûner sans se priver des plaisirs de l'animation, des randonnées et autres sports.

Autant dire que le développement du tourisme interne n'est pas une opération conjoncturelle mais bel et bien une stratégie qui s'étale sur toute l'année. Normal, puisque ce créneau contribue pour 26% des nuitées réalisées par des établissements classés avec des recettes qui ont atteint 23 milliards de dirhams en 2011. Il suffit donc que l'on réorganise ce marché qui n'est pas structuré contrairement au marché étranger(TO) en lui injectant les allotements, les délais de rétrocession et la mise sur la même pied d'égalité avec les TO étrangers par l'encouragement à la création d'autres operateurs comme les Tunisiens et autres. S'il est vrai que la promotion de toutes les régions du Maroc a été plus soutenue par les E. mailing et les SMS. Il n'en demeure pas moins qu'il faut que le ministère du Tourisme rationalise une campagne tous azimut en prônant des reportages et des publicités intelligentes sur chaque région. Ce faisant, ces mesures draineront les touristes nationaux tout au long de l'année pendant les vacances scolaires, les fêtes nationales et religieuses et autres évènements. Il n'y aurait plus alors de basse saison pour les hôteliers, ni de prix inabordables pour les nationaux et les Marocains auront connu les belles régions de leurs pays mieux qu'avant. Tout le monde y gagnera en confiance et en rentabilité.

Abou Ilyes

Jamais un programme touristique n'a été aussi hypocrite que ce cautère en jambe de bois qu'est Kounouz Biladi qui revient chaque année en boitillant. C'est

tellement hypocrite que les pouvoirs publics et les professionnels le considèrent comme un mal dont on ne peut s'en passer quand les choses vont mal.

C'est un leitmotiv qui revient en temps de crise depuis déjà la guerre du Golf de 1991 et qui s'est répété à maintes reprises jusqu'à la crise économique mondial de nos jours. Autant dire que le touriste marocain est vivement sollicité quand le touriste étranger fait défaut et qu'il est carrément ignoré quand tout va bien.

Plus hypocrite que ça, on n'en trouve pas dans ce marketing discriminatoire où le tourisme estranger prime injustement sur le tourisme interne. La vérité est sortie de la bouche d'un opérateur touristique : «les responsables politiques du tourisme ne se rappellent aux bons souvenirs du marché intérieur que si la conjoncture internationale est mauvaise ». Le mea culpa des professionnels est venu d'un autre apparemment très touché par la crise : « Nous avons besoin de nous réconcilier avec le touriste national. Nous ne pouvons plus le considérer comme un palliatif. Il doit avoir toute sa place dans la stratégie nationale du tourisme » propos circonstanciel et conjoncturel quand on sait que le programme Kounouz biladi a commencé en 2003 et que jusqu'au jour d'aujourd'hui, tout ce petit monde du tourisme n'arrive pas à le mettre en place.

Depuis donc neuf ans le ministère du tourisme et les professionnels n'arrêtent pas de rectifier le tir, de reformuler le produit et d'étaler à chaque fois mille idées et zéro concrétisation. Mais il parait que cette année, ils y vont pour de bon puisque on nous révèle…que les fédérations du secteur « ont mené toute une réflexion sur le tourisme interne » et ont émis plus de quinze propositions. Ce faisant, il ont élaboré le plan d'une nouvelle stratégie qui s'étale sur trois ans (2015) et qui ne sera finalisée qu'en 2013.

Autant dire que tout restera sur le papier comme au cours des années précédentes et que les « les trésors de mon pays » ont été frappés, pour de bon, par le signe indien. Un plan irréalisable, c'est le moins que l'on puisse dire lorsqu'on sait que les packages proposés impliquent plusieurs opérateurs à commencer par toutes les fédérations du tourisme, la RAM, la CTM, l'ONCF et certains ministères. Comment peut-on concilier financièrement ces différents acteurs quand l'offre parle d'un prix réduit et qu'en plus on a augmenté d'une manière consistante la marge bénéficiaire des agences de voyage qui ont longtemps boudé Kounouz Biladi. Pis encore, les responsables de notre tourisme prennent leurs rêves pour des réalités quand ils croient que les entreprises vont adhérer à ce plan avec un chèque de voyage dont le montant sera déductible d'impôts. Ils croient aussi faire bénéficier des nationaux des transporteurs touristiques alors que la loi l'interdit. C'est facile dit-on, il suffit tout simplement d'en faire la demande aux départements concernés en l'occurrence celui du transport et celui du tourisme. Comme il est facile de proposer que les Marocains puissent bénéficier de facilités de paiement pour leurs vacances et d'exonérations d'impôts pour les encourager de voyager. Le ministère des finances et la direction des impôts auront apprécié. On cite aussi le site Internet de Kounouz pour une promotion directe alors que les plupart des voyagistes et des hôteliers continuent à travailler d'une manière traditionnelle loin des technologies modernes.

Autant dire qu'en voulant faciliter les choses pour relancer ce programme du tourisme interne, on complique de plus en plus sa réalisation par la multiplicité des propositions. Ce faisant Kounouz Biladi est devenu un bourbier où pataugent notre tourisme et les touristes nationaux qui perdent le nord chaque année avec des formules retouchées et touchées dans leur efficacité. Il est aberrant que ces génies du tourisme national n'arrivent pas à trouver une formule définitive qui met fin à cette anarchie.

L'idée étant de faire du tourisme interne une culture qui permet aux Marocains de connaitre mieux leur pays qui dispose des meilleurs atouts au lieu d'aller ailleurs. Le moyen n'étant pas d'agresser les gens par des spots , affiches ou pages publicitaires inaudibles, incongrus et dénués de toutes informations utiles sur les sites, les monuments historiques et les ressources locales , d'une région , d'une ville ou d'un village. L'efficacité viendra d'un partenariat réfléchi avec les médias qu'ils soient audiovisuel, écrit ou électronique pour effectuer des reportages approfondies sur les régions les plus attractives. Une démarche qui sera appréciée, voire encouragée par les pouvoirs locaux qui aspirent à ce que leurs localités soient connues et visitées. Il est aberrant par exemple que l'on entend peu parler des villes aussi mythiques comme Ifrane qui n'a pas d'égale dans la région ou de Chefchaouen avec sa nature et ses sources d'eau, de l'attrait d'Ouarzazate ou de l'air frais de Oualidia .

La liste étant trop longue pour citer tous les coins et les recoins du Maroc qui regorgent de beauté naturelle, de patrimoine et de diversité. Malheureusement Kounouz Biladi n'est jamais arrivé à retrouver ces trésors, à les faire valoir et à les vendre d'une manière moins stupide qu'une publicité standard qui ne réveille aucun sens. 

Le ministre du tourisme est un gentil garçon, plein de bonne volonté et débordant d'optimisme même en ces temps de crise où le monde entier est en train de trembler.

Il est tellement gentil qu'il croit que la crise qui frappe les économies les plus solides du monde va être gentille avec le tourisme national et ce malgré les chiffres inquiétants et les mises en garde des professionnels. A peine s'il reconnait que la crue de l'année 2012 serait inferieure à celle de 2011 en lançant d'un temps lapidaire «   …il ne faut pas espérer un redressement de la situation dans l'immédiat !!! » Mais fichtre ! Il faut d'abord traverser la tempête avec les moindres dégâts et puis les inventorier avant de penser à reconstruire ce qui a été démoli.

Depuis qu'il a pris ses fonctions, le ministre Haddad desserte beaucoup sur le tourisme, fait de bons diagnostics mais il bute toujours sur les remèdes. Et du coup, la promotion peine à se promouvoir, le plan anti crise ne fonctionne pas, la RAM se désengage, les banques ferment les robinets et les chiffres des premiers mois 2012 ne cessent pas de baisser.

Normal que les professionnels s'inquiètent, voire s'affolent en disant que la saison risque fort bien de passer au compte pertes et profits. Les recettes du ministre Haddad sont toute faites : pour ce qui concerne la promotion, le ministre juge limité le budget alloué à ce poste (550 millions de DH) mais il ne peut l'augmenter à 1,5 milliard de DH comme le réclament les professionnels pour espérer une quelconque reprise. Le déficit aérien est vite balayé par une phrase qui en dit long sur l'état d'esprit du ministre vis-à-vis de la RAM : « Il faut solutionner l'équation aérienne sans laquelle nous ne pouvons avancer… » Et d'ajouter de l'huile sur le feu en affirmant que l'on ne peut pas subventionner les vols internationaux car l'Open Sky l'interdit. Donc l'équation de la crise du tourisme est tout aussi simple, comme on ne peut rien faire pour parer à tous ces problèmes, il ne faut donc rien faire. Ou plutôt, il faut faire comme le ministre qui a recruté un cabinet pour accompagner les hôtels en difficulté ou s'offrir les services d'une agence de communication à New York pour s'occuper des relations presse et médias. Il ne faut pas accabler le nouveau ministre de tous les maux, il n'a pas failli aux habitudes de ses prédécesseurs qui raffolent des d'études des cabinets étrangers.

D'ailleurs c'est devenu tellement en vogue que plusieurs ministres du nouveau gouvernement ont demandé les conseils de ces cabinets miracles. En attendant le tourisme va mal avec des chiffres qui ne sont pas complaisants comme ceux des cabinets payés rubis sur l'ongle. A preuve, Marrakech et Agadir affichent des chiffres alarmants avec une baisse de 6% pour les arrivées et 6,5% pour les nuitées pour la première ville et une régression de 3,77% en arrivées et de 12% en nuitées pour la deuxième.

Quand les deux premières destinations du Maroc connaissent une telle régression lors des cinq premiers mois de l'année, c'est qu'assurément la situation des autres villes est encore plus catastrophique. On comprend fort bien le désarroi des professionnels qui se rabattent sur le plan anti crise pour atténuer l'impact de la chute des touristes venant des principaux marchés( France(31%, Allemagne 7%, Italie(17%), Espagne4%). Mais ce plan de soutien reste un bon plan sur le papier et n'affiche aucune mesure concrète sur le terrain alors que la situation est dramatique.

Des mesures qui tendent à accompagner les hôtels en difficulté à Marrakech et Agadir avant d'être généralisées. Mais rien n'a été fait comme rien ne sera fait comme mesures supplémentaires comme le gel des paiements des charges sociales, l'exonération fiscale et le rallongement des échéances de crédit.

Autant dire que les professionnels ne devront compter que sur leurs propres moyens pour affronter la crise et éviter ses multiples conséquences en pertes d'emplois et autres. Espérons que les vents du tourisme seront cléments même si la RAM de Benhima a démissionné alors que ses caisses ont été renflouées par les subventions de l'Etat. Autrement l'argent des contribuables comme vous et moi. Que veut dire ce désengagement de la RAM si l'on sait qu'il n'y aura pas de chambre d'hôtel remplie s'il n'y pas de siège aérien ? Benhima veut bien offrir des vols charter ou Low Cost mais il pose une condition au préalable : il faut faudrait que ces vols soient rentables. Car la RAM dit-il est en difficultés comme si on ne le savait pas et surtout comme si on ne connait pas le nom du patron qui l'a mise dans cet état. Alors comment faire quand on sait que la reprise ne peut venir que par une augmentation des places dans l'arien et aussi et surtout par plus de promotion. On sait ce que fait de l'ONMT de la promotion et ce depuis longtemps quand l'argent allait dans les recrutements de complaisance et les voyages d'agrément.

Rien n'a changé depuis, on garde le même budget, on le dépense de la même manière, comme par exemple dans le cabinet de communication et on récolte les mêmes résultats. Les professionnels demandent plus d'argent pour la promotion, ils ne l'auront pas et pis encore plus de la moitié du budget 2012 a été déjà consommée. Le ministre Haddad croit avoir déniché la poule aux œufs d'or en se tournant vers les pays de l'Est dont le pouvoir d'achat ne cesse de s'améliorer. Dit-il ! Bien vu sauf qu'il faut avoir des avions, du personnel motivé, des hôtels rénovés et des banques ouvertes sur l'environnement touristique. Mais ces dernières rechignent à accompagner les hôteliers exactement comme la RAM. Une attitude qui mène tout droit au crash du tourisme national et par ricochet de toute l'économie nationale y compris celle de la RAM et des banques. Le suicide, quoi ?

La presse marocaine aura, ces derniers temps, choisi de faire ses choux gras sur le fait que Tunisiens et Egyptiens auraient entamé une politique de bradage des prix néfaste pour notre industrie touristique nationale. Incidemment ils auraient leur part de responsabilité dans la situation que traverse le secteur au Maroc, lui faisant une concurrence déloyale.

Il s'agit là d'une technique vieille comme le monde: charger l'étranger de la responsabilité des difficultés que nous traversons. Cela fait pourtant longtemps que Tunisie et l’Egypte nous ont habitués à leurs politiques de prix agressives.

Pendant longtemps nous nous félicitions même du positionnement du Maroc par rapport à ces destinations ; tandis qu'"eux" faisaient du dumping, l'on se voulait davantage portés sur le créneau "haut-de-gamme".

De plus, tandis que l'essentiel des capacités litières tunisienne et égyptienne se trouvent sur leurs front de mer (respectivement en Méditér-rannée et en Mer Rouge), notre locomotive touristique nationale reste Marrakech, c’est dire que ce sont deux types de produits totalement différents.

De fait, la politique de "dumping" des Tunisiens et des Egyptiens explique très certainement la baisse que connait actuellement la Turquie (bien plus que la crise syrienne), qui avec Antalya est sur le même créneau. De même cela a certainement renforcé la désaffection des touristes pour la Grèce, déjà aux prises avec une image de marque désormais desastreuse.

Enfin, comment passer sous silence le fait que, depuis le début de la crise, en ce qui concerne le bradage des prix, le Maroc est loin d'être aux abonnés absents. Loin s'en faut (un rapide tour d'horizon sur Internet suffit pour s'en faire une idée...). Seulement voilà, l'on a beau brader nos prix, cela ne réussit pas à faire venir le client...

Car c'est là que le bât blesse : des trois grands pays touristiques du sud de la Méditérrannée, le Maroc est le seul a n'avoir pas connu de révolution politique avec son lot de violences et d'insécurité. Pourtant c'est aujourd'hui celui qui semble avoir été le plus fragilisé sur le plan touristique. Alors que la Tunisie redémarre, alors que l'Egypte, malgré de graves tensions politiques liées à l'incertitude sur son devenir, fait de la résistance, le Maroc continue de plonger.

Comment expliquer cette situation ? Comment se fait-il que le Maroc, malgré la stabilité de sa situation politique, sa société pacifiée et son ouverture sur le monde souffre ; alors qu'un pays comme les Emirats Arabes Unis par exemple, pourtant situé à quelques encablures des grandes zones de tensions internationales et qui n'est pas, à proprement parler, un modèle de démocratie, continue d'afficher d'insolentes performances ?

Dans le tourisme, il n'y a pas de secret, un seul élément joue pour ce qui est de l'image : la promotion. Et c'est justement là que le bât blesse pour le Maroc.

Nous avons déserté nos marchés émetteurs européens, les laissant aux mains des petits copains de la direction de l'ONMT qui depuis lors n'en font qu'à leur tête avec les résultats que tout le monde observe aujourd'hui. Incapables de réctifier le tir après un quelconque évènement ou une quelconque déclaration, alors que nos concurrents égyptiens ne mettent même pas une semaine pour se remettre d'un attentat. Ils restent tranquillement à leur place, justifiant leur absence de bilan par la conjoncture difficile.

Opérations mal ciblées, méconnaissance des spécificités de chaque marché, absence d'objectifs chiffrés.

Le tout sur fond de petites conbinaziones pour rester à son poste et d'une posture de suffisance assumée. Voilà à quoi ressemble l'officine en charge de notre promotion à l'étranger.

Et cela semble tout à fait acceptable pour notre gouvernement qui cautionne tout ce petit monde. Pis encore, il vient de permettre à l'office de tenter une nouvelle diversion en nous ressortant la énième mouture du mort-né Kounouz Biladi. La suite on la connaît : on parlera d'une grande réussite de l'opération et de la "résilience" du marché marocain (en oubliant de préciser qu'étymologiquement résilience signifie "sauter en arrière"...).

Le tout sans présenter le moindre résultat chiffré. Et on nous racontera une nouvelle fois toute la difficulté qu'il y a travailler dans une conjoncture aussi difficile. C'est le mauvais tube de l'été au Maroc, qui revient siffler à nos oreilles chaque année telle une Macarena faisandée. On a le tourisme que l'on mérite, la presse marocaine ferait bien de le comprendre. Elle pourrait alors mettre les acteurs du tourisme marocains devant leurs responsabilités et jouer ainsi enfin le rôle qui devrait être le sien. Mais il restera malheureusement toujours plus facile d'aller cracher à la figure des autres que de commencer à balayer devant sa porte. 

Vendredi, 15 Juin 2012 14:24

La stratégie de prix

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La crise prend de plus en plus d'ampleur et les professionnels n'ont pas de visibilité sur leur devenir. Sur notre principal marché émetteur, la France, les différends sondages sur les intentions de départ en vacances se contredisent. Dans quel état se trouve le Maroc, la situation peut paraître tendue ; en effet notre haute saison est déjà pleinement entamée depuis février et les chiffres sont plutôt mauvais. Il s'agit désormais de sauver ce qu'il en reste et de se préparer à une saison estivale qui promet d'être difficile. En effet, notre offre balnéaire reste largement en deçà de celle de nos concurrents directs du bassin méditerranéen, malgré l'arrivée de la station Saïdia. Il s'agit donc de viser juste et de ne pas se tromper de cible. Ainsi, si les pays méditerranéens ou la Turquie peuvent proposer une large gamme tarifaire correspondant à un large éventail de marchés, ce n'est pas le cas du Maroc qui a historiquement choisi de se positionner sur le créneau haut et moyenne gamme et qui n'a ni leur infrastructure ni leur capacité sur le front de mer. À jouer au prix du moins disant, nous ne pourront pas les suivre à moins de sacrifier la qualité et, ce faisant notre image de marque. L'on sait ce que cela a coûté à la Tunisie qui se démène depuis de nombreuses années désormais pour remédier à cette situation. Brader aujourd'hui c'est brader demain ; c'est insulter l'avenir. Le fait est qu'en Europe de l'Ouest si les catégories sociales les plus vulnérables au chômage ont peur de voyager en temps de crise, les segments supérieurs du marché y résistent beaucoup mieux.

Dans ce cadre un véritable positionnement haut de gamme, avec les services correspondants ne peut être que positif pour l'avenir de la destination. Vendre du all inclusive n'est pas la vocation de la destination Maroc, ce n'est pas là qu'elle créera de la valeur ajoutée.

Il faut une véritable cohésion entre professionnels et gouvernement, revoir la copie concernant les prix certes, élaborer une stratégie à court et moyen terme surtout, mais ne pas perdre de vue que le plus important est de drainer un maximum de recettes, pas un maximum de touristes.

Peut-être que les résultats ne seront pas au rendez-vous cet été. Mais une saison ce n'est qu'une saison, l'essentiel sera de profiter de cette crise pour revoir structurellement les défauts et les besoins de la destination. Ce qui marche et surtout ce qui ne marche pas. Il n'y a pas le feu à la maison.

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