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Aujourd'hui: Jui 25, 2017

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Profession hôtelière

Profession hôtelière (2)

 

On vient d'apprendre la nomination de M. Amal Benzari à la tête de l'établissement «Royal Tulip Luxury Hotel», nouveau fleuron de l'hôtellerie tangéroise.Professionnel confirmé, hôtelier consacré, M. Benzari aura besoin de tout son savoir-faire pour espérer faire bouger les lignes dans le secteur touristique haut-de-gamme de la capitale du détroit.

Car si la ville est en train de faire peau neuve, l'état investissant à fond de train sur l'envol de Tanger, la destination reste cependant fortement connotée « sac-à-dos »… en attendant la suite.

 

Dans l'article que nous avions publié "VT N° 882" dont nous évoquions la saga de la Mamounia on se demandant pourquoi les professionnels hôteliers marocains sont écartés pour occuper des postes dans l'organigramme de l'hôtel. La Mamounia et, à leurs places, on a fait venir des étrangers même pour des emplois subalternes, ce ci dénote un décalage criant entre les prophètes de l'emploi aux langues de bois qui cuisinent la réalité dans tous sens.

Rien n'arrête le progrès... alors que les Occidentaux n'ont de cesse de se plaindre des délocalisations et du fait que les nouveaux pays émergeants leurs font, avec leurs coûts de main d'œuvre et leurs prestations sociales au rabais, une concurrence déloyale, le moins que l'on puisse dire c'est que l'on assiste ici au Maroc à une tout autre histoire.Ainsi, dans l'irrespect le plus total des lois concernant le travail des étrangers, le royaume s'est transformé depuis quelques années en un Eldorado pour expatriés européens qui, payés rubis sur ongle, viennent diriger nos plus célèbres établissements et ce sans que l'on ne constate une quelconque valeur ajoutée.

Alors certes, l'ouverture touristique du Maroc a entraîné l'arrivée de grandes chaînes internationales hôtelière et il est normal que celles ci s'entourent de leur management habituel. Mais qui dit grande chaîne parle d'un minimum de rationalité économique ; les plus performantes d'entre elles auront d'ailleurs fait le plein de directeurs marocains. De fait, et aussi paradoxal que cela puisse paraître, l'abus ne se trouve pas tant chez les nouveaux entrants que chez les grandes institutions publiques. J'en veux pour exemple le cas de La Mamounia ; en effet, le vaisseau amiral du luxe à la marocaine ne semble plus être sous pavillon national du directeur général, au personnel de bar en passant par la conciergerie et le spa, sans oublier le fleuriste, ce ne sont pas moins de 27 postes que l'hôtel réserve à des expatriés ; une véritable petite colonie qui s'est établie dans l'ancien palais du sultan Al Mamoun.

A l'heure où l'on parle du rôle social que doit jouer le tourisme, et l'on se rend compte que l'un des principaux échecs de la Vision 2010 a justement été la question de l'emploi, n'est-il pas étonnant qu'un établissement quasi-public dépense des sommes folles pour du personnel étranger ? Pourtant la loi marocaine est claire : avant de recruter un étranger, une entreprise doit avoir fait passer une annonce auprès de la presse nationale ; c'est dans le cas où aucun marocain n'aurait les qualifications nécessaires pour répondre à l'offre que l'on peut faire appel à un expatrié (voir encadré).

Une loi simple et claire, à l'instar de ce qui se pratique en Europe ou aux Etats-Unis.

Et de s'étonner ; dans quel journal ont donc été publiés ces annonces ? N'est-il pas étonnant qu'aucun marocain n'y a répondu ? Nos compatriotes refuseraient-ils d'aller travailler dans un hôtel considéré comme le phare de l'hôtellerie du royaume ? Ainsi, l'ONCF, entreprise publique financée par l'argent du contribuable marocain a-t-elle bafoué allègrement les lois et le code du travail ?

Si même les entreprises publiques ne les respectent pas, à quoi bon continuer de légiférer?

Cela renvoie un message clair aux investisseurs et entrepreneurs opérants au Maroc : la loi ici n'est pas faite pour être respectée et l'exemple vient des entreprises publiques.

Revenons à la Mamounia et à ses 27 expatriés ; sur quelle base ont-ils étaient recrutés?

N'était-il pas possible d'avoir du personnel marocain en lieu et place ?

L’on se rappelle pourtant que dans les années 60-70, considérées comme une période glorieuse de l'hôtel, l'établissement, a été classé parmi les meilleurs de « The Leading Hotels Of The World » était dirigé par des nationaux, successivement par M.M. Abdelkader Fangero et Abdallah Hadi. Et si par la suite, la Mamounia a connu des directeurs étrangers, s'étaient des ténors qui s'entouraient de Marocains et qui respectaient l'identité de l'établissement. En cas de faux pas de toutes les manières il y avait un directeur général de l'ONCF, Moussaoui, qui veillait au grain et qui n'était pas du genre à se laisser impressionner.  

Revenons aux années 2000 ; que l'on cherche à doter la Mamounia de grands noms internationaux pour sa direction ou encore d'un grand chef étoilé pour sa cuisine, cela est normal, le chauvinisme n'a pas sa place dans l'industrie du luxe. Mais qu'on aille chercher des serveurs à la Martinique ou qu'on ramène un Scandinave pour le Spa ou un Espagnol pour s'occuper de tâche administratives, cela pose un sérieux problème.

Les Marocains ne sont-ils donc pas aptes à occuper ces postes ? Pourtant plus de 250 cadres supérieurs marocains sont en poste à l'étranger, que ce soit en Europe, en Amérique, en Asie, au Moyen-Orient et même en Australie ; ils font les beaux jours des chaînes internationales où ils travaillent ; l'on n'hésite d'ailleurs pas à parler d'une filière marocaine. Ici même, nous avons l'exemple de la chaîne Accor : ses hôtels Sofitel au Maroc sont considérés par le groupe parmi les mieux gérés et les plus rentables, or les trois paquebots de la chaine au Maroc (Rabat, Agadir et Marrakech) sont dirigés par des Marocains... avec un salaire total cumulé équivalent à peu près celui de Piquot, directeur de la Mamounia... les premiers sont payés par une multinationale française, le second par l’argent public marocain… Regardez les salaires, regardez les résultats ; c’est assez parlant…

Mais ne chargeons pas trop la barque du sieur Picquot : on lui laisse les mains libres, il aurait tort de s’en priver. La véritable responsabilité de cette gabegie incombe au directeur général de l’ONCF, dont on ne sait sur quels critères professionnels il a fondé son choix de nommer Picquot.

Sous d’autres cieux, d’aucuns auraient démissionné devant une telle dilapidation de deniers publics, alors même que la question de l’emploi demeure cruciale.

Le Maroc a besoins aujourd’hui d’hommes qui défendent ses intérêts, qui prennent leurs responsabilités et assument leurs actes.

Encadré

Procédure relative à l'embauche des étrangers au Maroc

Selon ledit code, au chapitre V : «De l'emploi des salariés étrangers», article 516,«Tout employeur désireux de recruter un salarié étranger doit obtenir une autorisation de l'autorité gouvernementale chargée du travail. Cette autorisation est accordée sous forme de visa apposé sur le contrat de travail(...)»

Or, avant d'obtenir l'autorisation de l'autorité gouvernementale chargée du travail, la nouvelle procédure se déroulera comme suit (en fait elle n'est pas si nouvelle que cela puisque l'Anapec était un passage obligatoire ces dernière années mais la procédure n'était pas aussi rigide que celle appliquée aujourd'hui). 

Avant l'envoi au ministère de l'emploi d'une demande de contrat de travail dit «d'étranger», l'employeur doit prouver l'absence sur le marché national de profils répondant aux critères demandés. Cet employeur doit pour cela obtenir auprès de l'Anapec une attestation dite «attestation d'activité pour les salariés étrangers». 

Pour justifier de l'inexistence du profil objet du recrutement parmi les Marocains, toute demande, ayant pour objet l'obtention de l'attestation de l'Anapec pour autoriser l'emploi d'un salarié étranger, se doit d'être soumise à l'Anapec et respecter la procédure suivante :

-Publication d'annonces de presse «offres d'emploi», objet de recrutement en question sous forme de deux annonces : l'une sur support en français et la seconde sur support en arabe (voir ci-après modèle d'annonce de l'Anapec) ;

-Une fiche annonce type ou fiche descriptive de poste (avec traduction en arabe) est fournie par l'Anapec (voir en p. VII).

-La publication devra se faire dans des journaux dont le tirage dépasse les 10 000 exemplaires. Ces annonces doivent mentionner que c'est au journal de transmettre les réponses à l'Anapec.

-Dès publication, l'employeur doit remettre une copie desdits journaux à l'Anapec qui s'assurera auprès des journaux concernés de la logistique afférente à la réception des candidatures.

-Un délai de 10 jours est accordé pour recevoir les dossiers de candidature et procéder à leur traitement.

-A la fin de chaque opération de traitement d'offre, un rapport de sélection est établi pour déterminer la décision à prendre sur l'établissement ou non de «l'attestation d'activité».

Si la recherche via les annonces Anapec demeure infructueuse, l'employeur constituera un dossier dans lequel figureront les pièces suivantes :

-Une demande formulée par l'entreprise est adressée au directeur général de l'Anapec comprenant les nom, prénom du salarié étranger, avec l'emploi métier en précisant les compétences requises et les tâches à effectuer ;

-Des copies des diplômes et attestations de travail de l'intéressé ;

-Le curriculum vitae ;

-Le canevas du descriptif de poste (fiche de poste) fourni par l'Anapec, rempli et validé par l'entreprise.

Si l'employeur est autorisé à employer le salarié étranger pour lequel toute cette procédure a été entamée, il doit se munir de ladite attestation accompagnée de toutes les pièces que lui réclamera la direction de l'emploi.

Si un employeur désire employer un travailleur étranger, quand toutes ses recherches sont demeurées infructueuses pour trouver un ressortissant marocain correspondant au profil recherché, il devra obligatoirement suivre la procédure normale susmentionnée pour les cas où elle est exigée. Le but du législateur de privilégier la préférence nationale. Ceci est valable dans tous les pays qui estiment qu'il est inconcevable d'employer un étranger alors qu'un national qui dispose des mêmes compétences reste au chômage.

Salaires des 27 expatriés de la Mamounia :

presque le budget salarial du ministère du Tourisme…

Directeur Général : Picot (Français)

Directeur d’Exploitation : Madani (Français)

Directeur Commercial : Courdier (Français)

Gouvernante Générale : Rey (Français)

Maitresse de Maison : Ingrid et Sophie (deux Françaises)

Revenu Manager : Alaves (Espagnol)

Directrice Exécutive SPA : Nelson (Scandinave)

Directrice SPA : Aude + une autre (deux Françaises)

Chef Exécutif : Lasnon (Français)

Sous Chefs (un Allemand et deux Français)

Chef Pâtissier (Français)        

Chef des bars : Manuelle (Italien)    

Directeur restaurant français : (Française)   

Directeur restaurant italien : Liliane (Française)

Chanteuses pianiste (deux Américains)

Trio bar italien (trois Français)

Chef sommelier : un Français

Boutique fleurs : un couple Français

Directeur de la restauration : Zatka (Français)

Total estimatif 123 500,00€ x 11,5 = 1 420 000,00 MAD

Charges sociales estimées à 50%    710000,00 MAD

Total estimatif 2 130 000,00 MAD (par mois…)

La grille des salaires, avec ses minimas et ses maximas, ne concerne que les nationaux.

Les sanctions ne s’appliquent qu’aux nationaux.

En cas d’absence du DG et du Directeur d’exploitation, les réunions sont présidées par la Gouvernante Générale.

Les salaires nets des expatriés varient entre 3500€ et 15000€, de plus ils sont nourris, blanchis et logés.

En plus des charges sociales locales, l’établissement prend en charge les cotisations sociales françaises : retraite, sécurité sociale et assurance maladie.

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