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Mémoire

Mémoire (12)

Quelque chose est en train de changer dans le climat touristique africain. Il est temps. Maintenant, il s’agit de profiter de la brêche. Si cette occasion n’est pas saisie, elle risque fort de ne plus se représenter avant longtemps. Depuis deux mois exactement, l’amorce d’un changement d’état d’esprit est perceptible de plusieurs côtés.

D’abord, conformément aux recommandations de l’assemblée générale de «U.I.O.O.T, certains pays susceptibles d’être des clients pour l’Afrique ont déjà fait connaître leur intention de contribuer aux efforts des pays d’Afrique fournis pour célébrer l’année 1969. Cette coopération s’effectue sur deux plans, l’un constitué par des initiatives visant à aider directement les efforts promotionnels des pays africains, l’autre en plaçant certaines actions touristiques des pays extra-africains sous le signe de l’A.I.T.A. Il est important, plus pour sa signification profonde que pour son contenu, cet accord qui vient d’être conclu pour l’U.I.O.O.T, il montre que tous les pays fournisseurs des grands courants touristiques, ont commencé à accepter d’utiliser un vocabulaire similaire (AFRIQUE). En soi, c’est déjà essentiel.

A nous Africains de faire le reste.

Mercredi, 16 Novembre 2016 11:29

1969 : Année internationale du tourisme africain

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L’année 1969 a été officiellement proclamée «Année Internationale du Tourisme Africain » par M. Salvat, Président de l’Union Internationale des Organismes Officiels de Tourisme (UIOOT), Moulay Ahmed Alaoui, Ministre d’Etat chargé du Tourisme et de l’Artisanat, et M. Abdalhaq Chraïbi, Président de la Commission Africaine de l’UIOOT.

Avant cette cérémonie qui s’est déroulée à Rabat le 23 Décembre 1968, à laquelle assistaient le corps diplomatique, les membres du Gouvernement, les représentants des différentes professions touristiques ainsi que la presse nationale et internationale, M.M Salvat et Moulay Ahmed Alaoui avaient effectué un «lancer » de pigeons symbolisant la portée pacifique de cet événement.

Dans son discours M. Salvat avait tenu à rendre hommage à Moulay Ahmed Alaoui ainsi qu’à M. Chraïbi et à évoquer l’audience que lui avait accordée S.M Hassan II, auquel il avait transmis un message d’amitié du Président de la République du Mexique.

Moulay Ahmed Alaoui a dit dans son discours la nécessité et l’importance des efforts que les pays d’Afrique doivent entreprendre et l’impact exceptionnel et décisif que doit avoir pour eux «l’Année Internationale du Tourisme Africain». Il a souligné combien le Maroc avait compris les immenses possibilités offertes par l’Année Internationale du Tourisme Africain » et avait institué un Comité National réunissant tous les ministères, administrations, organismes, sociétés publiques et privées susceptibles d’apporter une contribution fructueuse au développement du Tourisme.

«L’Année Internationale du Tourisme Africain » ne doit pas, a-t-il conclu, être considérée comme une fin en soi mais comme une promesse, voire une assurance pour l’avenir grâce à la coopération plus étroite et plus efficiente entre les pays d’Afrique ».

Prenant la parole en sa qualité de Président de la Commission Africaine du Tourisme, M. Abdelhaq Chraïbi en a précisé le double rôle : «contribuer au développement du tourisme sous toutes ses formes et par tous les moyens dans les pays membres et promouvoir les courants touristiques nationaux et internationaux, aussi bien à l’intérieur que de l’extérieur ».

«Cette année, a-t-il dit, a pour objet essentiel, d’une part, de permettre à l’ensemble de cet immense continent de prendre conscience des valeurs réelles et profondes du tourisme et, d’autre part, de projeter l’image et les possibilités touristiques de l’Afrique sur les marchés extérieurs ». «Cette année, a-t-il dit, a pour objet essentiel, d’une part, de permettre à l’ensemble de cet immense continent de prendre conscience des valeurs réelles et profondes du tourisme et, d’autre part, de projeter l’image et les possibilités touristiques de l’Afrique sur les marchés extérieurs».

«L’Année Internationale du Tourisme Africain » qui a pris un magnifique départ à Rabat, aura certainement une action vaste et bienfaisante. Elle ne se limitera pas à l’essor de l’industrie touristique. Elle doit permettre de larges échanges culturels entre les hommes qui travaillent pour la Paix.

L’incohérence, l’improvisation dans les réalisations de la promotion, l’absence de

concertation et l’inefficience de la plupart de nos représentations à l’étranger, des professionnels (hôteliers, agents de voyages…) font que notre tourisme, au lieu d’évoluer positivement, stagne, pour ne pas dire accuse une fâcheuse perte de vitesse.

A la lumière des résultats enregistrés en 1984, la situation de notre tourisme n’est guère brillante.

Le manque de concertation entre le ministère et l’ensemble des professionnels fait que les décisions prises à l’échelon national ne créent que des incohérences, sources de gaspillage, de perte de temps et de conflits inutiles.

De plus, cette situation, cette ambiance malsaine qui règnent dans les rapports, font de l’Etat, le plus gros perdant et, par conséquent, la balance des paiements. Le tourisme est une source très appréciable de rentrées de devises mais, en l’état actuel des choses, cette source se tarit.

Qui en souffre ?...

Notre économie et, par voie de conséquence, les plans de développements et les réserves en devises. Ne pourrait-on pas, une bonne fois pour toute, repartir du « bon pied » ?... Autrement dit, établir un programme pensé, concis et constructif. Dépoussiérer les bureaux et insuffler dans la machine un sang nouveau. Prendre le « taureau par les cornes » et mettre de l’ordre dans la maison ?...

A quand, par exemple, l’assainissement de la profession ?... c’est une priorité fondamentale. Pour quand la sortie d’un programme annuel des festivals, qui serait communiqué aux professionnels, tant nationaux qu’étrangers, au moins dix mois à l’avance ?... Pour quand, des actions promotionnelles et publicitaires, planifiées dans les pays émetteurs de tourisme ?... Pour quand, la mise en place d’une structure pour définir le « qui fait quoi » pour une relance continuelle de notre tourisme.

A politique nouvelle, hommes nouveaux.

Nous avons potentiellement tout et, nous ne faisons rien, par impuissance.

Il serait temps, grand temps, que nos responsables prennent les décisions adéquates pour redonner vie et vigueur à cette importante industrie qu’est le tourisme. Source de revenus pour notre trésorerie, créatrice d’emplois et animatrice de marchés.

Mais, nous estimons, qu’intégrer au sein d’un grand ministère, le tourisme, en tant qu’industrie prioritaire doit, sur le plan structurel, être dégelé et dégagé des carcans administratifs nuisibles. Etre traité avec une thérapeutique nouvelle qui ne tienne compte que de l’efficacité, de l’organisation et du résultat.

Il est temps d’abandonner certaines considérations anachroniques.

La règle doit être « The right man in the right place ». Tout le reste, n’est que balivernes et faiblesses. Il y va de notre économie, de la réalisation de notre plan de développement, de la matérialisation des vœux de toute la nation.

Vendredi, 30 Septembre 2016 11:27

Technologie du voyage, panorama du tourisme ?

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Par Mohamed Benamour

Technicien-diplômé d’Etudes supérieures de Tourisme auprès de l’Ecole Nationale de Commerce et de la faculté des lettres de Paris.

Président de l’Association Marocaine des Techniciens Supérieurs de Tourisme, membre du Comité directeur de l’Association Mondiale pour la Formation Professionnelle Touristique, chargé du Tourisme à la direction commerciale de Royal Air Maroc.

Il n’échappe à personne l’importance des agents de voyages et leur place dans le domaine du tourisme. Pour mieux comprendre leur rôle, il serait préférable de définir au préalable ce qu’est une agence de voyage, ce qui nous conduira à mieux comprendre les qualités requises et les connaissances demandées aux représentants de cette profession. L’agence de voyages est d’abord un bureau de renseignements et d’information ; l’agent de voyages doit fournir au public tous renseignements concernant les voyages, et les déplacements, horaires et prix des divers modes de transports, listes et prix des hôtels, passeports, visas, allocations de devises, informations relatives aux grandes régions touristiques et principales stations de ces régions. Il prolonge en ce sens l’action des syndicats d’initiative et offices nationaux de tourisme et diffuse les brochures, dépliants et prospectus qu’il reçoit de ces derniers. La fourniture de ces renseignements, pour être gratuite n’en est pas pour autant désintéressée l’agent trouvant, là, l’occasion d’offrir au public ses propres services. L’agence de voyages est ensuite un bureau d’émission de billets de transports ferroviaire, aérien, maritime et routier.

Puis, et c’est là son rôle le plus important, c’est un bureau de construction du voyage.

L’agent établit les programmes des voyages, en chiffre les devis, choisit les fournisseurs, procédé à la mise en vente de ces voyages par une publicité appropriée et finalement en exécute et surveille la réalisation.

Ces quelques mots résument l’activité principale celle qui exige le plus de technique et d’expérience. Analysons d’abord les différentes activités commerciales de l’agence de voyages.

En premier lieu : le FORFAIT

Il représente au moins 50% du chiffre d’affaires annuel d’une agence. Il est donc la clé de voûte du développement et de la rentabilité de l’agence de voyages. Le terme « forfait » appartient au jargon professionnel et veut être en fait, la contraction de l’expression « voyages à forfait » qui est elle-même, la traduction impropre des termes anglais « all inclusive tours » c’est-à-dire « voyages tout compris ».

Quels sont les différents éléments entrant dans la composition du voyage à forfait ? ils peuvent être nombreux, mais nous énumérons les principaux : le transport pour lequel l’agence est habilitée à fournir tous les titres, l’hébergement et les repas, les excursions, les transferts, les entrées aux manifestations de tous genre.

Cet assemblage de services entrelacés constitue donc le forfait que l’agence propose à sa clientèle pour un prix donné.

Maintenant découvrons ensemble les aspects du service « Forfait ». Dans la majeure partie des entreprises, le forfaitiste est, en effet, et le technicien projecteur et le vendeur.

En Allemagne, par exemple, le système est tout autre : il existe, réparties dans les grandes agglomérations, cinq ou six agences, véritables usines de voyages où travaillent 300 à 400 personnes aux seules mises sur pied et réalisations des forfaits à l’exclusion de toutes ventes qui se font par le truchement d’une infinité de bureaux revendeurs.

Mais qu’est un forfaitiste ?

Le forfaitiste est, sans doute, l’exécutant le plus qualifié de l’agence ; il doit en effet posséder à lui seul, les connaissances particulières aux employés des autres services, à savoir l’aisance dans la manipulation des documents techniques, la connaissance de la billetterie et de la réglementation des Compagnies de transport, en un mot, tout ce que peuvent savoir ses collègues spécialistes. Avec en plus, des connaissances géographiques et linguistiques très approfondies et, le cas échéant, des qualités de vendeur.

Il est aisé de deviner que cet homme ne devient pas aussi complet du jour au lendemain : sa formation ne sera pas immédiate et exigera de lui un effort certain. Pour construire et réaliser ses voyages, le forfaitiste dispose d’outils de travail, principalement en papier : guides, revues et cartes touristiques, horaires et tarifs des transporteurs, listes et tarifs d’hôtels, annuaires des agences du monde entier. Un secrétariat lui est nécessaire, et le télex précieux. Ce matériel fourni, le service « forfait » peut fonctionner.

Le voyage étant maintenant monté et le canevas établi, le forfaitiste dispose d’outils de travail, principalement en papier : guides, revues et cartes touristiques, horaires et tarifs des transporteurs, listes et tarifs d’hôtels, annuaires des agences du monde entier.

Un secrétariat lui est nécessaire, et le télex précieux. Ce matériel fourni, le service « forfait » peut fonctionner.

Le voyage étant maintenant monté et le canevas établi, le forfaitiste doit le commercialiser et ce n’est pas le moins délicat de l’œuvre, car si, jusque là le travail était purement technique, il va demander à présent au réalisateur, le maximum de qualités psychologiques et de solides notions de l’art publicitaire.

Première opération : la rédaction définitive du programme de voyage.

Ce texte fera apparaître, jour par jour, l’itinéraire du circuit, les horaires suivis, les visites et excursions prévues, les différents moyens de transport utilisés, le tout présenter sous une forme agréable.

En second lieu :

le forfaitiste fera appel à l’imprimeur pour définir ensemble la publication du voyage (déterminer la mise en page et le format les plus appropriés, sélectionner les couleurs et les caractères à employer, les documents photographiques et enfin fixer la quantité de brochures ou dépliants nécessaire à la diffusion (signalons au passage que le prix de revient de ces dépliants et brochures est en général très élevé.

En dernier lieu :

le tirage effectué, l’agence procédera à sa diffusion selon une mailing-liste établie préalablement. A noter que cet effort de vulgarisation doit se faire au bon moment, c’est-à-dire, celui où le public commence à faire des projets de voyage.

Certes, l’agence de voyage est un commerce et le forfait son meilleur article, mais un article qui revient cher. Voilà donc exposé l’aspect le plus important d’une agence de voyages. Mais il faut signaler que dans le cadre de ses ventes, l’agence de voyages agit en qualité de représentant des compagnies de transport par lesquelles elle s’est vue, a préalable, agréée, les hôteliers et autres prestataires de services et trouve son bénéfice dans la seule commission que lui allouent lesdits fournisseurs. Il est vrai que la billetterie a pris une place très importante dans les agences de voyages. Mais la complexité et la multiplicité des tarifs aussi bien aériens que ferroviaires sans oublier leur réglementation souvent ardue, rendent la tache du billettiste difficile et exige de lui beaucoup de compétence.

En conclusion :

Pour survivre, l’agence moyenne n’aura d’autres ressources que la spécialisation (elle sera alors, l’épicerie fine à côté du gigantesque magasin d’alimentation) ou la mise en commun de ses moyens avec ceux d’une ou plusieurs autres entreprises. Le tourisme est une industrie comme ailleurs, nous assistons à des absorptions, à des fusions, et à des créations d’agences par des firmes puissantes n’ayant, au départ, aucun lien avec le tourisme.

Dans quelques années, le forfait sortira de ces usines de voyages comme l’automobile sort des ateliers de constructions, comme il sort déjà en Allemagne où l’on parle maintenant des cerveaux électroniques pour la préparation et la réalisation du voyage.

Qu’en pensez-vous amis forfaitistes ?

Qu’est-ce qu’un guide accompagnateur ?

«C’est le représentant de l’organisateur, intermédiaire entre les membres de son groupe et les prestataires de service » telle pourrait être la définition de l’accompagnateur.

Son métier est assurément difficile, car, si les autres préparent, informent, organisent, de loin, avant le départ, l’accompagnateur est sur place.

Il n’est pas anonyme, dans son bureau, protégé par un comptoir : les protestations, les récriminations de toutes sortes, c’est d’abord lui qui les reçoit.

Mœurs, climat, prix, il n’est innocent de rien, on ne lui pardonne ni l’orage ni le retard de l’avion. Et, si le journaliste qui sommeille dans chaque touriste veut savoir l’opinion d’un peuple sur ses gouvernants ou sur tel point de politique internationale, c’est au guide qu’il s’adresse ; à des milliers de kilomètres les modestes avis qu’il émettra prendront ainsi dans quelques faubourgs valeur d’opinion publique.

Ce métier donc, exige des connaissances précises et étendues et d’autant plus solides que c’est devant des objets réels, sites ou monuments, que ces connaissances doivent être mobilisées.

Encore ne s’agit-il pas d’en faire état selon un plan nettement décidé une fois pour toutes : la réaliste bouscule vite cette tentation de la routine et la réalité a bien des formes dans un voyage : c’est la composition même du groupe, l’orientation de ses intérêts qui va obliger à prolonger une halte ou un commentaire, c’est tel incident de vue qui va requérir immédiatement un développement que l’on compte placer ailleurs. En somme, une improvisation constante sur les thèmes du monde.

Le plus difficile reste à faire : il faut intéresser tout un groupe généralement bien plus hétérogène qu’une classe, faire comprendre et aimer s’il se peut, des choses nouvelles, on comprend que pour exercer un tel métier, il faille des qualités personnelles bien grandes : gentillesse spontanée et autorité calculée, sens à la fois de la réserve et de l’improvisation, générosité naturelle, goût de la culture.

Ce travail demande, à la base un profond souci d’organisation allié à une grande faculté d’adaptation. Ce sont certainement là les plus sûrs facteurs de réussite, mais un bon accompagnateur devra aussi avoir une fameuse dose de patience pour faire face aux imprévus dont les voyages sont riches, écouter les grincheux, attendre les retardataires, etc… continuer à sourire dans les difficultés.

Car quelle que soit la qualité du voyage, que ses clients soient aimables ou nerveux, que « tout marche sur des roulettes » ou que les ennuis soient quotidiens, l’accompagnateur devra offrir à son troupeau l’image du berger fidèle et souriant, toujours là au bon moment, se souvenant des problèmes de chacun et s’ingéniant à les résoudre.

Dans la mesure où il saura rester, jusque dans les moments délicats du circuit, disponible à tous, chacun aura l’impression d’être la brebis privilégiée et alors l’accompagnateur deviendra le personnage-clé du voyage. Il en sera le reflet et pour certains, il restera l’image même d pays qu’il leur a fait connaître.

Le Crédit Hôtelier, l’un des instruments les plus efficaces, prévu par les pouvoirs publics pour inciter les investissements touristiques, vient d’être doté d’une nouvelle réglementation depuis le 1er janvier 1969, à la suite de la publication du Décret Royal, portant loi N° 552-67 en date du 17-12-1968, et de l’arrêté Ministériel N° 355-67 du même jour qui abrogent et remplacent le dahir du 5-11-1962, et son Arrêté d’application.

Qu’apporte cette nouvelle législation de nouveau par rapport au Dahir de 1962 ?

6 années d’application de l’ancienne législation ont permis de constater que certaines dispositions étaient devenues soit inadaptées, soit incomplètes et que les réformes étaient indispensables en vue d’une part de simplifier et améliorer les conditions d’octroi de prêt de combler certaines la cunes, en vue d’une efficacité meilleure.

I- Les modifications

Précisons tout d’abord que les nouveaux textes ont décidé de supprimer certaines formalités dans un but d’allègement et d’accélération de la procédure d’octroi des prêts. Ce sont :

1) Suppression de l’exigence du Bulletin d’expertise et de son inscription sur les livres fonciers. Le Dahir du 5-11-1962 avait rendu obligatoire, cette formalité pour pouvoir procéder à l’inscription hypothécaire. Il s’est avéré à la pratique que cette exigence n’avait aucune raison d’être ; aussi en la supprimant, le Décret Royal du 17-12-1968 a réduit le nombre des formalités à accomplir en vue de la réalisation d’un crédit.

2) Toujours dans le sens de l’allègement des procédures. Le Décret Royal du 17-12-1962 a supprimé la Commission hôtelière qui était instituée par le Dahir du 15-11-1962 pour examiner les affaires hôtelières, après le Comité de Direction de l’Organisme de Crédit, et donner un avis au ministère des Finances, qui se prononçait en dernier ressort sur l’octroi du crédit et des avantages y attachés. Cette commission hôtelière faisant en quelque sorte, double emploi avec le Comité de l’Etablissement de Crédit, le nouveau Décret Royal a simplifié et limité les délais d’études en confiant au Comité de Direction, les attributions de la Commission hôtelière, après y avoir adjoint un représentant du ministère du Tourisme.

3) Le Décret Royal du 17-12-1968 précise certaines conditions d’octroi des prêts hôteliers et en modifie d’autres. Les conditions de prêt concernées sont les suivantes :

1/ Quotte des prêts

Grâce à la mise en jeu de la garantie partielle de l’Etat, les prêts sont susceptibles d’atteindre un montant de :

a)70% des dépenses engagées pour l’achat de matériel et mobilier d’exploitation ;

b) 90% des travaux d’agrandissement, de réfection et d’aménagement.

c) 80% de la valeur immobilière totale de l’investissement en cas de construction d’un hôtel ou d’un ensemble immobilier à destination touristique ; le terrain étant compris pour son coût et les installations sportives et de loisirs y annexées étant prises en compte.

Toutefois, la valeur immobilière totale ne devra pas dépasser pour chaque catégorie de construction un maximum défini par arrêté conjoint du ministre des Finances et du ministre du Tourisme.

2/ Taux d’intérêt et durée des prêts

Les taux d’intérêts appliqués pour le régime du Dahir du 5-11-1962 étaient différents selon qu’il s’agissait, d’un prêt à la construction ou d’un prêt à l’équipement. Le taux applicable pour les prêts à la construction étant lui-même progressif (3,25% pendant les premières années, 4,50% pendant les 5 années suivantes et 6% à la fin du prêt).

Le Décret Royal du 17-12-1968, a unifié tous les taux d’intérêts en les fixant à 4,50% pendant toute la durée du prêt. Cette durée est, de 20 ans au maximum avec la possibilité d’un différé d’amortissement dont la pratique est officialisée par les nouveaux textes. Le différé d’amortissement peut être accordé pour une période au plus égale à cinq ans, en cas de travaux de construction, d’aménagement ou d’agrandissement.

Autre modification, la durée des prêts à l’équipement destinés à l’achat de mobilier et de matériel d’exploitation, est protée à 10 ans maximum au lieu de 7 ans.

II- Les innovations

Les innovations des textes actuels résident essentiellement dans la possibilité pour l’établissement de Crédit agrée, de prendre en considération un certain nombre de projets touristiques, qui ne pouvaient bénéficier de crédit dans le cadre de l’ancienne législation pour des raisons de garantie principalement.

En effet, les prêts consentis par le Crédit Immobilier et Hôtelier, doivent être garantis par une hypothèque de 1er rang par un nantissement du fonds de commerce ou par ces 2 sûretés conjointes.

Toutefois, la garantie de l’Etat peut être substituée aux sûretés réelles traditionnelles si les hôtels financés sont édifiés ou situés sur des terrains mis à la disposition des attributaires par des baux de longue durée ou de contrat de concession par l’Etat, des établissements publics et les sociétés ou organismes dans lesquels l’Etat a une participation au capital.

Par ailleurs, et c’est là l’innovation principale, la garantie de l’Etat peut être invoquée si la construction est réalisée sur des terrains situés dans des régions où l’immatriculation ne peut être effectuée ou plus généralement sur lesquels l’hypothèque ne peut être prise, comme c’est le cas du Grand Sud Marocain, et de certaines régions du Nord.

L’autre innovation des textes qui viennent de paraître, réside dans la possibilité qu’aurait les exploitants d’hôtels, non propriétaires des murs à demander des crédits d’aménagement et de transformations garantis seulement par un nantissement du fonds de commerce, conformément au Dahir du 31-12-1914.

Ces nouvelles dispositions vont certainement contribuer à la remise en état de très nombreux hôtels déjà existants qui, rénovés constitueront un appoint non négligeable à la capacité d’hébergement.

La parution des nouveaux textes sur le Crédit Immobilier et Hôtelier marque la volonté des pouvoirs publics de persévérer dans la politique d’encouragement à la construction immobilière et touristique.

En simplifiant les procédures d’octroi de prêt et en élargissant le champ d’application de la législation en vigueur, nul doute que la nouvelle réglementation va ainsi donner une nouvelle impulsion en faveur du développement touristique du pays.

 En fin 1967, l’Office Inter Etats du Tourisme Africain recevait des experts américains et européens pour parler du problème africain numéro un : l’indifférence du monde des vacanciers à l’égard de l’Afrique. La conclusion des experts tenait en une seule phrase : « Equipez-vous, organisez-vous, mais surtout faites-vous connaître… » Au même moment, à l’autre bout du monde, une session de l’Union Internationale des organismes officiels du Tourisme groupait 112 pays à Tokyo. Le problème de l’Afrique était lui aussi au centre des débats, lorsque le délégué du Maroc, M. Abdou Chraïbi proposa une résolution qui fit l’effet d’une bombe et fut adoptée à l’unanimité : Proclamer 1969 : année internationale du tourisme africain. «On sait que devait rencontrer cette initiative marocaine, puisque dans quelques mois nous assisterons à l’explosion touristique de l’Afrique. Et ce sera une étape immense dans la marche du continent vers son développement». Cependant, la petite phrase des experts doit demeurer plus que jamais présente à notre esprit, car, si nous, africains, sommes sur le point de nous faire connaître et nous sommes organisés pour cela, les réalisations du Maroc et du Sénégal en particulier en témoignent, il nous reste à nous organiser. Et c’est parce que cette année internationale est une idée marocaine et que le Maroc est en matière de tourisme, comme en bien d’autres domaines, la tête de pont du continent, que M. Thami Ouazzani a convoqué tout ce qui fait autorité au Maroc en matière de tourisme pour constituer un comité national pour la préparation de cet événement. On saisit du reste le bien fondé de cette décision. Le Maroc, de par sa position géographique, sa civilisation et sa vocation naturelle de trait d’union entre deux mondes qui se sont trop longtemps ignorés, se doit de ne laisser passer une pareille chance offerte à l’Afrique et partant, à la cause de son propre tourisme. C’est donc une véritable mobilisation générale des secteurs public et privé qui doit s’organiser et qui doit avoir porté ses fruits avant que ne se tienne la réunion de la commission de l’UIOOT que préside notre dynamique directeur de l’ONMT, M. Adou Chraibi, réunion qui doit avoir lieu, rappelons-le au Maroc. Quelles seront donc les grandes lignes de la politique touristique du Maroc, qui servira d’exemple à l’Afrique pour que l’année internationale du tourisme africain soit une réussite totale ? Elles devront porter à notre avis sur les points suivants : lFaciliter l’accès aux pays africains, et pour ce faire, assouplir les formalités d’entrée et sortie du territoire. lRéduire le coût des transports, l’Afrique est un immense continent où les distances sont considérables. L’avion est donc le véhicule d’élection et des tarifs forfaitaires donnant droit, pour une période donnée, à un kilométrage illimité, doivent être mis sur pied d’urgence par notre compagnie nationale sur le modèle des dispositions couramment appliquées en Amérique du Nord, par exemple. Organiser l’accueil et pour cela former de toute urgence des hôtesses et des guides polyglottes. Planifier les tarifs des hôtels et restaurants. L’Afrique est un pays cher, le franc CFA qui a cours en Afrique Occidentale francophone doublera les dépenses des visiteurs. Un système de « cartes bleues » et pourquoi pas ? une monnaie internationale touristique africaine devront être mises en place, car il n’est besoin d’être économiste pour savoir que la quantité fait baisser le prix de revient. Le tourisme marocain, et, partant, africain, doit cesser d’être considéré comme un produit de super-luxe. Des centres de distractions doivent voir le jour, des excursions certes, mais aussi des festivités locales doivent être organisées. lDes expositions artisanales permanentes doivent présenter le vrai visage de l’Afrique : l’artisanat est en effet la quintessence de l’âme d’un peuple, son message au-delà du temps. Pour réaliser tout cela, à l’instar de celle qui vient de voir le jour au Maroc, des sous commissions nationales qui siègeront de façon quasi-continue dans chaque pays devront entreprendre au niveau national de vastes campagnes de presse pour préparer l’opinion publique à une « invasion » d’étrangers, venus voir vivre un peuple, non en inquisiteurs, ni avec une curiosité malveillante, mais dans le but louable et pacifique de s’informer avec sympathie de ses problèmes, de ses réalisations locales. Mais, il ne suffit pas de rendre consciente la masse de la portée d’un événement sans précédent comme cette année internationale du tourisme africain, il faut aussi propager l’idée de ce rendez-vous entre continents dans le monde entier. C’est là qu’interviendront les délégations des offices africains du tourisme dans les grandes capitales, les compagnies aériennes et maritimes nationales au moyen de leurs agences réparties sur les 5 continents. Enfin, coiffant tout cela, il faut qu’un Comité International Africain du Tourisme soit fondé pour coordonner à l’échelle continentale les mesures prises à l’échelon national par chacun. C’est pourquoi nous proposons la planification de toutes la profession touristique pour que naisse un véritable Marché Commun du Tourisme en Afrique. Pour baptiser officiellement cette grande idée et pour qu’elle ne reste pas seulement au stade de projet, nous proposons pour la fin de l’été une véritable conférence au sommet des ministres du tourisme de chaque pays africain. Nous savons trop combien de simples délégués n’ont ni le poids, ni matériellement les moyens nécessaires pour prendre des décision à l’échelle d’un continent. Nous sommes aussi persuadés que les ministres africains doivent être en contact permanent entre eux, et pour cela se connaître, nous avons en outre la conviction que le tourisme étant un phénomène mondial, de véritables états généraux du tourisme planétaire seront dans les années à venir une réalité. Pourquoi l’Afrique n’en prendrait-elle pas dès maintenant l’initiative ? Sur le plan purement africain, il est d’autre part de la plus grande urgence que faisait fin de tous particularismes, une campagne collective pour présenter au monde le visage de l’Afrique soit lancée. Pour cela une affiche commune doit être dessinée, un dépliant commun général projeté, et le premier timbre postal africain étudié. Il faut en outre préparer le monde à s’apprêter à faire connaissance avec l’Afrique et, dans ce but, inviter des journalistes de la presse spécialisée à venir se rendre compte du fait touristique africain, de sa réalité et, de surcroit, de sa réalité abordable. Ainsi, témoigneront-ils aux quatre coins du monde de l’attrait incomparable qu’offre notre continent. Un concours, organisé lui aussi à cette échelle et ayant pour arguments. « le meilleur reportage sur l’Afrique », ou « quelle idée vous faites vous de l’Afrique ? » doit être lancé lui aussi avant l’hiver. Enfin, doit être mis sur pied un festival Africain du Folklore et les troupes nationales doivent dès à présent commencer à sillonner le monde. L’art n’est il pas le meilleur ambassadeur de l’âme des peuples ? C’est donc un acte de confiance, de foi en l’avenir de l’Afrique que « la Vie Touristique » demande au Continent tout entier d’accomplir dès ce jour. Nous adjurons l’Afrique de prendre conscience de ce que cette année Internationale du Tourisme Africain est une chance sans précédent pour nous tous. C’est en effet par le tourisme que passera à partir de 1969, et pour tout un continent, la voie du DEVELOPPEMENT. Il revenait au Maroc qui est à la base de cet événement mondial, de lancer cet appel. Au Maroc qui, le premier a compris l’importance capitale de ce facteur incomparable qu’est le Tourisme pour le développement national, au point d’en faire une des pierres d’achoppement du Plan Quinquennal qui, sous la conduite éclairée de Son Roi Bien Aimé, S.M Hassan II, le conduira vers un bonheur et une prospérité que nous souhaitons à tous nos frères africains.

Mercredi, 16 Mars 2016 10:03

Marocains, connaissez-vous votre pays ?

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Les congés payés sont avec les avantages sociaux, la grande conquête des travailleurs de ce siècle. La marche vers la « civilisation des loisirs » passe par le tourisme. C’est un point désormais acquis, et l’on dissocie de moins en moins vacances et voyages. Or, la durée des vacances et le niveau de vie augmentant de pair, est apparu un fait nouveau, la soif d’espace qui se double aussi d’un fait de civilisation : la fringale de connaissance des autres pays.

Les événements allant très vite, nous aussi, nous nous mettons à l’heure planétaire. C’est ainsi qu’à l’encontre de la génération de nos pères pour qui une randonnée à 500 km était le voyage de leur vie, nous voulons tous commencer notre découverte du monde par les horizons les plus lointains. Demandez autour de vous comme nous l’avons fait en un sondage-éclair, quel est en 1969 le pays des vacances idéales et l’on vous répondra dans une proportion écrasante : le Japon.

Ceux qui bornent leur choix à des limites plus raisonnables vous parleront de l’Amérique du Nord, puis des Pays Scandinaves etc… mais il y a plus grave : à distance égale le Gadiri préfère aller à Lisbonne qu’à …. Oujda ! Oui voilà qui est grave en effet car cette réponse est symbolique ; elle est le symptôme de la maladie dont souffre le Marocain : le désintéressement total qu’il éprouve à connaître son pays.

 

Tout sauf le Maroc

Oh, le mal n’est pas que marocain, quel Norvégien débarquant au Maroc qui pour lui, au moins, est le pays des vacances idéales s’est-il aventuré jusqu’au Cap Nord ? Bien peu en vérité; mais pour le cas qui nous préoccupe présentement, à savoir le tourisme intérieur, la conduite des nationaux appelle quelques réflexions.

La première serait que, bien peu au fait des coutumes qui ont vu le jour en des paysages distants de quelque centaines de km seulement et qu’il n’a jamais vus, le Marocain est un bien piètre interlocuteur lorsqu’un étranger lui pose des questions sur son pays. Il est donc un mauvais guide et ne participe pas à la relance de son pays comme il le devrait.

La seconde constatation procède des mêmes raisons et fait que le Marocain à l’étranger est le plus mauvais ambassadeur qui soit du tourisme en son pays. Ainsi s’installe dans le monde un visage du Maroc qui n’est pas le vrai visage du Maroc. C’est celui qu’ont contemplé à la sauvette au cours de voyages organisés des touristes endormis par la bonne chair et le bon vin marocain et que l’on réveille dans leurs pullmans à chaque étape. Que dans le monde entier l’on confonde Chaouen et Taroudant lors des projections familiales de diapositives de voyages du Maroc peut-il laisser le Marocain indifférent ?

Non sans doute. Alors un effort national s’impose. Il faudrait qu’au terme de celui-ci, chacun puisse être incollable sur la géographie du Royaume, et, pour ce faire que chacun juge sur pièces de la topographie de son pays. Il ne s’agit pas de prendre son bâton de pèlerin et de se mettre en route, pour accomplir le périple à pied.

Bien que cela soit sans doute la meilleure façon de voyager, les temps ne sont plus à ce genre d’excursions et, il faut bien le dire, les agences de voyages sont assez nombreuses pour prendre en charge -une fois n’est pas coutume- les Marocains. Or, nous sommes au regret de le constater, rien de cela n’est prévu dans ces officines. Le tourisme national est à créer de toutes pièces. Et il faut avouer que cela serait une création d’importance au lieu que de se borner à organiser l’exode des Marocains vers l’étranger ! On a enregistré à Tanger 525.000 sorties vers l’Espagne !

 

Connaître son pays pour le faire aimer

Le soleil et les palmiers que l’on trouve à Madère et aux Canaries sont rigoureusement les mêmes que ceux que l’on rencontre partout au Maroc. Identique est aussi la neige de Courchevel à celle de l’Oukaïmden. Mais voilà, un snobisme s’est solidement installé en nous, savamment exploité du reste, et entretenu à plaisir, qui veut que l’on aille chercher à des milliers de km ce que l’on a simplement sous la main, pour le simple plaisir de dire : « je suis allé à Rio » etc….

Entendons-nous bien, professionnels du tourisme, nous ne minimisons par l’enseignement qu’il apporte aux civilisations qu’il met à la portée les unes des autres. Nous savons bien que ces rencontres sont primordiales pour la compréhension et la concorde entre les peuples.

Nous voudrions simplement que l’on apprenne à se servir du tourisme qui, comme tout fait nouveau, demande à être bien compris pour apporter les innombrables joies que les voyages peuvent dispenser. Notre ministre du Tourisme, M. Ahmed Alaoui est, avec son équipe parfaitement conscient du problème : il l’a prouvé. Mais comme toujours, le secteur privé n’a pas suivi. Et nous ne le dirons jamais assez, si certains hôteliers font profession de « plumer » à merci les voyageurs, il n’y a aucune raison pour que ces hôteliers continuent à appliquer les mêmes tarifs inconsidérés. Bien au contraire, nous pensons qu’il appartient à chacun de nous de dénoncer en envoyant sa note d’hôtel ou de restaurant au ministère ou au siège de la « Vie Touristique », les abus que l’on connaît trop peu et qui sont le tribut de notre indifférence à la cause touristique du pays. On s’apercevrait ainsi que les « menus touristiques » n’existent pas au Maroc ou qu’ils sont le double des menus normaux. Alors on découvrirait que les tarifs de pleine saison ou de basse saison ne sont nullement étudiés. Et surtout l’on verrait combien peu de gens dans ce pays sont préparés pour recevoir ce « million de touristes » qui seront là demain. On constaterait sans doute en fin avec effroi que nul établissement ne se soucie d’imprimer des dépliants publicitaires et que chacun vit aux crochets de l’Office du Tourisme sur ce plan là et sur bien d’autres ! Une mobilisation générale des énergies s’impose donc derrière le ministère et l’ONMT. Et cela à tous les niveaux que ce soit à l’échelon des offices, des agences et pour finir à celui des sociétés, des établissements privés, et enfin de compte de chacun de nous. Ainsi naîtrait en chacun de nous le désir sympathique et constructif de connaître mieux notre terre, l’aimer et… la faire aimer.

Mardi, 20 Octobre 2015 09:35

Le golf, une histoire royale

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Dès son introduction au Maroc à aujourd’hui, la pratique du plus « noble » des sports s’est considérablement développée. Retour sur un siècle de golf dans le pays des rois et pachas.

Sport de seigneurs par excellence, le golf arrive dans les cercles de l’aristocratie européenne dès le XVIIIe siècle. Au Maroc, il faut attendre l’avènement du jeune sultan Moulay Abdelaziz pour voir les premiers greens sortir des terres du royaume. Curieux et attiré par la modernité occidentale, Moulay Abdelaziz est très passionné par des sports venus de l’autre côté de la Méditerranée. On le disait admirateur de polo et de bicyclette, Moulay Abdelaziz affectionne également et tout particulièrement le golf, qu’il découvre grâce à ses conseillers britanniques. Bien que la fédération marocaine de golf célèbre cette année le centenaire de l’existence de ce sport dans le royaume, certaines sources font remonter les origines de ce sport au Maroc à la fin du XIXe siècle.

L’impulsion de Glaoui

Les fans du football tangérois connaissent tous le légendaire stade de Marchane, mais très peu savent qu’à l’endroit où se trouve le terrain de football, des diplomates britanniques s’adonnaient à leur sport favori : le golf. C’était à la fin du XIXe siècle. À l’époque, le Maroc vivait ses dernières années d’indépendance et Tanger était alors la capitale diplomatique du pays, abritant une importante communauté européenne. Devenu sultan du Maroc à l’âge de 16 ans, Moulay Abdelaziz s’est très tôt entouré de conseillers européens, à l’image du célèbre journaliste et aventurier Walter Harris. Il n’hésite donc pas à offrir un terrain, sur le plateau tangérois de Marchane, aux ambassadeurs européens pour qu’ils y jouent au golf, un sport très apprécié par la noblesse européenne et britannique, tout particulièrement. Peu avant son abdication en 1908, Moulay Abdelaziz lègue un second terrain à ses amis diplomates, toujours à Tanger. Ce terrain verra la construction, en 1914, du tout premier golf au Maroc. Les premiers neuf trous du Royal Golf de Tanger, nichés dans une forêt de pins et de sapins dans les hauteurs de la ville du détroit, seront praticables dès 1917. Mais, jusqu’aux années 1920, le golf reste l’apanage de la noblesse et de la bourgeoisie européennes. Ce n’est que grâce à la curiosité d’un ambitieux pacha de Marrakech que les Marocains, ou du moins les notables marocains commenceront, petit à petit, à s’approprier ce sport venu d’Ecosse. En effet, au début des années 1920, Thami Glaoui, alors en vacances à Tanger, découvre le golf lors d’un déplacement au Royal Golf de Tanger, alors l’unique green du Royaume.

Un peu plus tard, lors d’un séjour thermal à Vittel, en France, le pacha Glaoui se fait donner ses premières leçons de golf par un jeune joueur professeur du nom de Gustave Golias. Glaoui décide alors de l’introduire dans la capitale du sud, Marrakech, sa ville de résidence. En 1927, le golf de Marrakech est né. Il sera agrandi, un an plus tard, par Golias, également joueur professionnel.

Les congés payés sont avec les avantages sociaux, la grande conquête des travailleurs de ce siècle. La marche vers la « civilisation des loisirs » passe par le tourisme. C’est un point désormais acquis, et l’on dissocie de moins en moins vacances et voyages. Or, la durée des vacances et le niveau de vie augmentant de pair, est apparu un fait nouveau, la soif d’espace qui se double aussi d’un fait de civilisation : la fringale de connaissance des autres pays.

Les événements allant très vite, nous aussi, nous nous mettons à l’heure planétaire. C’est ainsi qu’à l’encontre de la génération de nos pères pour qui une randonnée à 500 km était le voyage de leur vie, nous voulons tous commencer notre découverte du monde par les horizons les plus lointains. Demandez autour de vous comme nous l’avons fait en un sondage-éclair, quel est en 1969 le pays des vacances idéales et l’on vous répondra dans une proportion écrasante : le Japon.

Ceux qui bornent leur choix à des limites plus raisonnables vous parleront de l’Amérique du Nord, puis des Pays Scandinaves etc… mais il y a plus grave : à distance égale le Gadiri préfère aller à Lisbonne qu’à …. Oujda ! Oui voilà qui est grave en effet car cette réponse est symbolique ; elle est le symptôme de la maladie dont souffre le Marocain : le désintéressement total qu’il éprouve à connaître son pays.

Tout sauf le Maroc

Oh, le mal n’est pas que marocain, quel Norvégien débarquant au Maroc qui pour lui, au moins, est le pays des vacances idéales s’est-il aventuré jusqu’au Cap Nord ? Bien peu en vérité; mais pour le cas qui nous préoccupe présentement, à savoir le tourisme intérieur, la conduite des nationaux appelle quelques réflexions.

La première serait que, bien peu au fait des coutumes qui ont vu le jour en des paysages distants de quelque centaines de km seulement et qu’il n’a jamais vus, le Marocain est un bien piètre interlocuteur lorsqu’un étranger lui pose des questions sur son pays. Il est donc un mauvais guide et ne participe pas à la relance de son pays comme il le devrait.

La seconde constatation procède des mêmes raisons et fait que le Marocain à l’étranger est le plus mauvais ambassadeur qui soit du tourisme en son pays. Ainsi s’installe dans le monde un visage du Maroc qui n’est pas le vrai visage du Maroc. C’est celui qu’ont contemplé à la sauvette au cours de voyages organisés des touristes endormis par la bonne chair et le bon vin marocain et que l’on réveille dans leurs pullmans à chaque étape. Que dans le monde entier l’on confonde Chaouen et Taroudant lors des projections familiales de diapositives de voyages du Maroc peut-il laisser le Marocain indifférent ?

Non sans doute.

Alors un effort national s’impose. Il faudrait qu’au terme de celui-ci, chacun puisse être incollable sur la géographie du Royaume, et, pour ce faire que chacun juge sur pièces de la topographie de son pays. Il ne s’agit pas de prendre son bâton de pèlerin et de se mettre en route, pour accomplir le périple à pied.

Bien que cela soit sans doute la meilleure façon de voyager, les temps ne sont plus à ce genre d’excursions et, il faut bien le dire, les agences de voyages sont assez nombreuses pour prendre en charge -une fois n’est pas coutume- les Marocains.

Or, nous sommes au regret de le constater, rien de cela n’est prévu dans ces officines. Le tourisme national est à créer de toutes pièces. Et il faut avouer que cela serait une création d’importance au lieu que de se borner à organiser l’exode des Marocains vers l’étranger ! On a enregistré à Tanger 525.000 sorties vers l’Espagne !

Connaître son pays pour le faire aimer

Le soleil et les palmiers que l’on trouve à Madère et aux Canaries sont rigoureusement les mêmes que ceux que l’on rencontre partout au Maroc. Identique est aussi la neige de Courchevel à celle de l’Oukaïmden. Mais voilà, un snobisme s’est solidement installé en nous, savamment exploité du reste, et entretenu à plaisir, qui veut que l’on aille chercher à des milliers de km ce que l’on a simplement sous la main, pour le simple plaisir de dire : « je suis allé à Rio » etc….

Entendons-nous bien, professionnels du tourisme, nous ne minimisons par l’enseignement qu’il apporte aux civilisations qu’il met à la portée les unes des autres. Nous savons bien que ces rencontres sont primordiales pour la compréhension et la concorde entre les peuples.

Nous voudrions simplement que l’on apprenne à se servir du tourisme qui, comme tout fait nouveau, demande à être bien compris pour apporter les innombrables joies que les voyages peuvent dispenser. Notre ministre du Tourisme, M. Ahmed Alaoui est, avec son équipe parfaitement conscient du problème : il l’a prouvé.

Mais comme toujours, le secteur privé n’a pas suivi. Et nous ne le dirons jamais assez, si certains hôteliers font profession de « plumer » à merci les voyageurs, il n’y a aucune raison pour que ces hôteliers continuent à appliquer les mêmes tarifs inconsidérés. Bien au contraire, nous pensons qu’il appartient à chacun de nous de dénoncer en envoyant sa note d’hôtel ou de restaurant au ministère ou au siège de la « Vie Touristique », les abus que l’on connaît trop peu et qui sont le tribut de notre indifférence à la cause touristique du pays. On s’apercevrait ainsi que les « menus touristiques » n’existent pas au Maroc ou qu’ils sont le double des menus normaux. Alors on découvrirait que les tarifs de pleine saison ou de basse saison ne sont nullement étudiés.

Et surtout l’on verrait combien peu de gens dans ce pays sont préparés pour recevoir ce « million de touristes » qui seront là demain.

On constaterait sans doute en fin avec effroi que nul établissement ne se soucie d’imprimer des dépliants publicitaires et que chacun vit aux crochets de l’Office du Tourisme sur ce plan-là et sur bien d’autres !

Une mobilisation générale des énergies s’impose donc derrière le ministère et l’ONMT. Et cela à tous les niveaux que ce soit à l’échelon des offices, des agences et pour finir à celui des sociétés, des établissements privés, et enfin de compte de chacun de nous. Ainsi naîtrait en chacun de nous le désir sympathique et constructif de connaître mieux notre terre, l’aimer et… la faire aimer.

Le Maroc bouleverse les structures de son tourisme, de ses mers, plages, montagnes et lacs

L’évolution sociale et économique de notre pays est en train de créer les conditions de l’infrastructure touristique de la civilisation des loisirs. Elle est en train d’accélérer le développement touristique qui engendre de nouvelles formes d’accueil et bouleverse les structures traditionnelles du tourisme et de l’hôtellerie. Si le Maroc est souvent nommé le pays des contrastes, c’est parce que le passé le plus ancien, et l’équipement moderne s’y côtoient et font un ensemble harmonieux.

La mer et ses plages, les montagnes, les stations de ski, les forêts, les lacs et les barrages, les terres riches et cultivées et le Grand Sud, sont autant de visages d’un pays agréable et accueillant au printemps, en été, en automne et en hiver.

Les grands courants touristiques

Le Maroc est le lieu géographique naturel entre l’Europe et l’Afrique. La courte distance qui sépare les deux continents est comblée par un service régulier de ferry-boats :

lAlgésiras-Tange-Algésiras ;

lCeuta-Gibraltar-Ceuta

lMalaga-Tanger-Malaga

lTanger-Gibraltar-Tanger en pleine expansion.

Les touristes provenant en majorité des pays du marché commun et qui voyagent dans leur propre voiture peuvent prendre le ferry-boat qui relie le Maroc à l’Europe. Les touristes peuvent visiter notre pays sur de bonnes routes asphaltées : 18500 kilomètres.

Le voyage par avion de différents points du Nord et du Sud est de courte durée et rend le Maroc de plus en plus accessible.

Paris-Casablanca : 3 heures 00 ; Madrid-Casablanca : 2 heures 15 ; Genève-Casablanca : 2 heures 50 ; Milan-Casablanca : 3 heures 00 ; Rome-Casablanca : 4 heures 20 ; Prague-Casablanca : 7 heures 25 ; Vienne-Casablanca : 5 heures 25 ; Tunis-Casablanca : 5 heures 20 ; Lisbonne-Casablanca : 1 heures 45 ; London-Casablanca : 3 heures 50 ; Stockholm-Casablanca : 5 heures 45 ; Montréal-Casablanca 9 heures 40 ; New-York-Casablanca : 9 heures 20 ; Caracas-Casablanca : 12 heures 10 ; Dakar-Casablanca : 6 heures 00 (Escales comprises).

Un touriste américain visitant l’Europe et désirant faire un crochet vers le Maroc peut le faire pour une dépense supplémentaire très modique.

Les composantes de la personnalité géographique du Maroc

Symétriquement situé par rapport à la Tunisie, le Maroc se distingue de l’Algérie pays limitrophe, par sa double façade maritime et qui fait plus de 1.500 km de plages.

Notre pays se trouve en effet placé sous deux influences dominantes :

lLa Côte Atlantique qui baigne sur 1.300 km permettant un littoral ouvert en majeure partie sur des plaines.

lLa côte Méditerranéenne 830 kms, bordée par une dorsale de hautes terres du Rif central à l’Anti Atlas Occidental.

Si cette notion du climat est fondamentale pour l’Agriculture, la notion de quantité de précipitation est beaucoup moins importante pour le tourisme que celle du nombre de jours et même des heures pendant lesquelles il pleut.

L’indice climatique (rapport du nombre de jours de précipitations sur la température) peut rendre compte de l’importance et de la distribution des stations balnéaires et climatiques.

Nous arrivons aussi à des résultats qui correspondent étonnamment à la réalité touristique.

Zone balnéaire et indice :

lAl Hoceima : 1,5

lTanger : 4,3

lToulon : 1,6

lMontpellier : 2,6

lCasablanca : 4,2

lRabat : 2,7

lEssaouira : 2,04

L’aménagement du territoire pour une mise en valeur touristique

La zone méditerranéenne

- Saison chaude et longue, toujours supérieure à 10 degrés, jamais inférieure à 0 degré centigrade.

- Saison, d’hiver possible, malgré l’unité donnée par le climat. La valeur balnéaire n’est pas uniforme car les nuances climatiques, la localisation des stations par rapport aux grands courants touristiques, la variété des paysages, la valeur inégale du front de mer, expliquent bien l’inégal développement touristique et laisse deviner l’évolution future.

La Côte Méditerranéenne au Nord, le Sahara au Sud. L’Algérie à l’Est, la Côte Atlantique à l’ouest.

Chacune de ces faces du quadrilatère irrégulier. Méditerranée – Atlantique, Sahara-frontière algéro-marocaine, représente par sa nature comme par les rapports de contiguïté qu’elle détermine, un des éléments dont est faite l’originalité du pays.

- A l’Est, le voisinage algérien signifie bien participation commune physique et humaine.

Relief et climat – Production, population et genre de vie sont presque les mêmes de part et d’autre que la frontière conventionnelle.

Nous ne pouvons considérer le Maroc sans le replacer dans cet ensemble naturel qui est l’Afrique du Nord.

- Au Sud, il s’ouvre sur le Sahara, où l’individualité des trois pays nord africains semble se dissoudre.

- Au Nord, seul le Maroc avec l’Espagne qui commande l’unique et étroite porte de communication.

Le détroit de Gibraltar est si étranglé qu’il joue en même temps le rôle d’un tremplin ou plutôt d’un isthme, la fonction du Maroc est essentielle puisqu’il assure la liaison entre les deux continents : « l’Eurafrique ».

Contact

Mer-montagne

L’arrière pays

L’arrière-pays d’un littoral permet une possibilité d’excursion et une richesse complémentaire au potentiel touristique de la ville ou de la station.

Ainsi, Tétouan est une ville construite sur la colline de Dersa, à 60 km de Tanger. C’est une ville entourée de jardins irrigués par le Rio-Martil. Parmi ses dix-sept mosqués, celle de sidi Es-Saïdi est la plus remarquable.

Les souks établis par corporation, les rues voûtées, les vieux remparts, les les portes dont Bab Rmouz, constituent le véritable observatoire sur la vallée du Rio – Martil. Son école d’artisanat, son musée et l’ancien Palais du Khalifa retiennent l’attention du visiteur.

******************

Hôtellerie pour faire face à la civilisation des loisirs

Souriant, visage du Maroc du Nord

A cela s’ajoutent les ruines de Tamuda – si nous poussons notre itinéraire vers Ouezzane, capitale des Chérifs d’Ouezzane, nous remarquons sans aucun doute la transition entre le Maroc du Nord et le pays qui s’étend au-dessous du Pré-Rif. C’est une bourgade extrêmement pittoresque qui se situe sur les pentes septentrionales du Djebel Hellal à 320 mètres d’altitude.

Vers l’Est, la route du Rif est extrêmement pittoresque jusqu’au delà de Targuist-Chefchaouen, située à 57 kms de Tétouan, mérite une importance toute particulière, puisqu’elle se trouve perchée à 610 m d’altitude, entre les rochers avec ses toits couverts en tuiles. La ville des fontaines, séduit par ses eaux abondantes, ses jardins parfumés, et rappelle le raffinement de la civilisation hispano-mauresque. Des siècles passés, elle garde encore une antique forteresse avec donjon et un cadre naturel enchanteur.

Kétama

A 105 kilomètres de Chefchaouen, sur la route suivant le relief accidenté de la cordillère rifaine et conduisant à Nador, se situe Kétama. Au cœur de cette région bénie des chasseurs pour son gibier abondant et varié, Kétama est une station de montagne et de sport d’hiver en plein essor.

L’air vivifiant, la forêt de cèdres d’où émergent les cimes de djebel Tidighine (2,342 m) également couronné de cèdres.

L’hôtel du Tourisme offre pendant l’été, la fraîcheur de la piscine et des possibilités de villégiature dans les forêts avoisinantes. Pendant l’hiver, un téléski conduit aux pentes neigeuses voisines. Les excursions autour de Kétama sont d’une extrême variété, forêt de chênes et de cèdres, sources et cascades dans un cercle de quelques kilomètres.

Les routes

Les routes constituent le point de départ de toute infrastructure touristique. Deux bonnes routes traversent les paysages du Rif.

La première au départ de Chefchaouen déroule un excellent tracé à travers un paysage montagneux, planté de sapins, nous atteignons l’altitude de 1.625 m avant de descendre des montagnes rocheuses sur Kétama. La deuxième route est celle de l’Unité qui après Fès, longe le Djebel Seddina où des grottes encore peu connues recèlent d’importants gisements préhistoriques, notamment les pierres gravées et un outillage très curieux, elle découvre un panorama remarquable sur toute la région environnante. Face à la côte d’Azur en France, à la rivière des fleurs en Italie, à la Costa del Sol, la Costa Blanca et Torremolinos en Espagne, tout a été mis en œuvre pour que le littoral méditerranéen constitue une côte d’Azur marocaine et attire le maximum de courants touristiques venant par air ou par mer. La côte du Rif de Tanger à la frontière algérienne est baignée par les eaux cristalines de la Méditerranée. Des efforts considérables y sont déployés pour mettre en valeur les plages magnifiques dans les environs de Tétouan, à Smir (Restinga), à Oued Laou, à M’diq, à Taifor, à Alhoceima, à Saïdia. C’est sur ce littoral qu’alternent sur des kilomètres et des kilomètres, criques et calanques, plages de sable et de galets, falaises, plongeant à pic dans la mer.

La méditerranée marocaine est une piscine dont les eaux sont calmes. Elle comprend des baies, très

favorables à la pratique du ski

nautique et de la pêche sous-marine.

La zone de Tanger

La zone de Tanger se situe à proximité immédiate de la zone émettrice des touristes. Tanger est la principale porte d’accès des touristes au Maroc. Il existe un port et un aéroport importants, une plage de sable fin, du soleil et un sight-seeting très intéressant. Le plan d’aménagement de la Baie de Tanger doit couvrir une superficie de 350 hectares. L’animation et les loisirs qui font carence au Maroc vont naître dans cette région, sur la rive gauche de la baie en même temps qu’un complexe de loisirs. La route qui fait le tour de la baie va permettre une diversité de paysages, et une possibilité d’incursion dans l’arrière-pays. Par là, la Baie de Tanger va constituer une zone touristique remarquable dont l’aménagement doit être global. Objectif de cet aménagement :

- mise en valeur économique de la région, d’où création d’emplois.

- Création d’une opération pilote servant pour exemple à tous les investisseurs privés en vue de l’aménagement futur des autres stations balnéaires. C’est une station de détente ouverte et animée. Elle présente un ensemble aux caractères bien définis :

- Unité de site ;

- Unité de climat ;

- Proximité immédiate d’une grande ville, conduisant naturellement à un aménagement touristique cohérent, important et concentré.

La zone de Tanger compte plus de 4.000 lits et comptera plus de 12.000 lits en 1972.

La zone de Smir

En l’espace de 4 ans, cette zone, admirablement située entre Ceuta et Tétouan a connu un grand essor, un port a été créé : M’diq tout un complexe hôtelier et para hôtelier a été construit grâce à la participation de la Caisse de dépôt et de gestion qui est un organisme public auquel se sont associés divers groupes privés. La zone de Smir compte actuellement plus de 1.300 lits, et prévoit 6.200 lits pour 1972. Smir est un centre balnéaire important. Il comporte des bungalows mis à la disposition de la clientèle et des installations assurant les services communs : bars, restaurants, dancings – centre commercial – terrains de sports et des loisirs, etc…

De telles installations font de Restinga (Smir) l’une des grandes stations de vacances du Maroc.

M’Diq :

C’est un petit port de pêche, niché aux creux d’une baie impressionnante. Sur la rive gauche, un important centre balnéaire Taïfor – Altaïr s’est édifié pour profiter de la proximité de la chaîne de collines.

Rio Martil

C’est la plage de l’agglomération de Tétouan puisqu’il se trouve à 10 kilomètres de distance.

L’embouchure de l’Oued Martil en fait un abri naturel pour les pêcheurs.

Oued Laou

L’ensemble de la mise en valeur de la côte du Rif a tiré Oued Laou de son long sommeil. Un barrage a été édifié en amont de l’oued qui assure l’irrigation de la plaine. Des bungalows surgissent çà et là, sur la plage et Oued Laou, à 35 km à peine de Tétouan, est appelé à un bel avenir

La zone d’Alhoceima

La zone d’Alhoceima qui a un climat méditerranéen qui convient très bien à la vie balnéaire estivale. Les moyennes sont très proches de celles du Mellila-Nador avec des nuances. La baie d’Al Hoceima qui est orientée vers le Nord, ignore complètement les vents violents. Très engagée dans la masse continentale, la baie est très sensible aux fortes chaleurs estivales. Le nombre de jours dont le maximum dépasse 30 degrés doit être parmi les plus grands de tout le littoral. Les paysages côtiers de cette zone présentent une variété et une ampleur rares.

Le Maroc bouleverse les structures

de son tourisme, de son terre rouge

et son ciel d’Email, Farouche

Vers l’Est, le visiteur admire la courbe majestueuse de la baie qui déroule ses 15 km de sable. L’énorme masse du Cap Quilatès et la violence du relief formant le site d’Alhoceima introduisent une toute autre note dans le pays-sage.

Vers l’Ouest, de la pointe de Fraisles au Penon, la côte tranche perpendiculairement les différentes formations géoglogiques des Bokoyas. La route en lacets qui monte de la plaine vers Alhoceima reflète bien le relief heurté de la côte.

La beauté sauvage des sites peut déterminer à elle seule un certain tourisme de passage. En effet, l’intervention humaine a créé la bourgade Alhoceima existant seule sur la mer libre depuis Tanger pour l’ensemble des côtes rifaines. Alhoceima n’est pas une ville ancienne mais elle a l’avantage de posséder un port, un aérodrome et de disposer de la plupart des commerces nécessaires à la vie touristique.

La plage d’Alhoceima étale son parterre de sable fin au pied de la falaise sur laquelle ses bungalows sont disséminés. Au bord de la plage, l’hôtel Quevedo, au sommet de la falaise, l’hôtel Mohammed V. La zone d’Al Hoceima compte environ plus de 1744 lits (3.544 en 1972). Si on envisage le rôle portuaire pour la Baie d’Alhoceima c’est parce qu’elle représente l’un des plus beaux plans d’eau qui puisse se concevoir par son étendue et sa protection.

Le secteur d’Alhoceima semble pour le moment devoir se diriger vers la navigation de plaisance et les sports nautiques.

La côte Atlantique

La côte Atlantique marocaine s’étale en latitude contrairement à celle du Rif. Du détroit de Gibraltar, aux sables des confins sahariens, le littoral Atlantique s’étale sur plus de 1.000 km et concentre la vie économique avec le grand port industriel de Casablanca. C’est là que se trouvent les deux villes importantes à haut niveau de vie : Rabat et Casablanca, à moins de 200 km de Marrakech, Fès et Meknès.

L’accès est facile. Qu’il s’agisse des voies aériennes, maritimes, routières ou ferrées, cette zone est très pourvue. Lorsqu’on arrive à Tanger, on est loin encore d’Alhoceima et beaucoup plus loin de Saïdia. Par contre, de Casablanca ou Rabat, on est en quelques heures à El Jadida, Safi, ou Essaouira et cela sans aucune difficulté.

De Rabat, on accède à Fès en deux ou trois heures et on met le même temps de Casablanca à Marrakech et au Haut-Atlas.

Casablanca

Le littoral Atlantique est un pays de villes. C’est au centre même de ce littoral qu’a grandi Casablanca avec ses 1.250.000 habitants, Rabat avec plus de 650.000 ; ce sont les deux métropoles du Maroc, capitales économique et politique. Casablanca dispose d’un grand port mondial, d’un aéroport international. C’est un centre des affaires et de banques. La ville de Casablanca a bien équipé sa côte appelée « Corniche d’Aïn Diab », à l’Ouest sur le cap d’El-Hank où il existe tout un ensemble d’établissements balnéaires dont les piscines trouvent leur prolongement dans la mer : Anfa – Plages, Kon-Tiki. Tahiti, Sune-Bach… Jour et nuit, l’animation et les loisirs y sont très fréquents. Casablanca possède à elle seule une capacité de 2.900 lits. Elle en comptera 5.012 en 1972.

Rabat-Salé-Skhirat-Mohammedia

La capitale administrative et sa voisine immédiate Salé ont toutes deux une plage, mais l’affluence y est telle durant les beaux jours, que le visiteur préférera découvrir les stations périphériques. Elles sont nombreuses après Rabat, sur la route de Casablanca, plages familiales pour la plupart, elles ont toutes un cachet particulier : Miramar, Témara, Sables d’Or, Val d’Or, Rose-Marie. A quelques kilomètres de Rose-Marie, la plage de Skhirat mérite une mention particulière. Elle est, en effet, une charmante station balnéaire : « Amphytrite ». Cette station remplit toutes les conditions pour assurer un séjour des plus agréables : chambres donnant directement sur la plage privée de l’hôtel, sauna piscine, night-club. Etc… De Skhirat jusqu’à Mohammedia, les plages se succèdent les unes aux autres : immenses plages pratiquement désertes (Bouznika, où l’on projette l’implantation d’un important complexe balnéaire, et surtout la plus célèbre et la plus belle ; la plage de Mohammedia, station balnéaire élégante avec casino, golf, tir aux pigeons, yachting et deux hôtels avec piscine et plage privée.

El jadida-Oualidia-Safi

Après la plage de Dar Bouazza, puis les Tamaris, Azemmour (station bijou à caractère familiale). C’est une ville sainte disposant d’une grande plage qui, bordée par une forêt d’eurcalyptus, va jusqu’à El Jadida, charmante station balnéaire avec une cité portugaise dont les remparts dominent la mer. Après El Jadida, ce sont les plages de Sidi Bouzid, Moulay Abdallah, où a lieu chaque année un moussem très important avec de splendides fantasias, le cap Jorf El Asfar, dominant la mer, lieu rêvé pour le camping, caravaning, dans une oasis de verdure, Sidi Moussa, que longe une lagune où l’on chasse le gibier d’eau et enfin le paysage majestueux et calme d’Oualidia, station balnéaire longeant une lagune reliée à l’Océan. D’El Jadida à Oualidia, la côte a été nommée côte de nacre, à cause de sa lumière transparente et nacrée.

Safi est la ville de l’important complexe chimique et industriel dont la plage est située près du port, au pied d’une falaise. Essaouira, se trouve à 30 kilomètres de Safi, sur l’emplacement d’un ancien port de pêche, et vieille de trois siècles. C’est une ville toute blanche, infiniment pittoresque, construite sur une presqu’île rocheuse en face d’un groupe d’îlots.

Hôtellerie pour faire face

à la civilisation des loisirs et mystérieux

Sud-Marocain

La zone d’Agadir

La route qui conduit alors vers Agadir après avoir traversé une région de maquis où se mêlent les thuyas, les arganiers, les lentisques et les genêts blancs, débouchent sur une vallée verdoyante. A partir de Tamri, elle longe l’Atlantique et les plages se succèdent les unes aux autres : Paradis-Plage, Tarhaout, et enfin on découvre Agadir : station joyau du Tourisme Marocain. Magnifiquement enserrée dans sa baie la plus ensoleillée du monde, Agadir occupe une position géographique remarquable. C’est dans cette région, sur une quarantaine de kms que la chaîne majestueuse de l’Atlas se termine en beauté et tombe dans l’Océan Atlantique.

Brusquement le relief cesse d’être abrupt, ridé, accidenté, la dernière colline coiffée d’une enceinte fortifiée d’origine portugaise, domine de ses 230 m la ville et abrite la plus grande baie du Maroc ; la baie d’Agadir. Une plaine rose et blonde sous un ciel d’émail s’étale infiniment. C’est la plaine du Souss. Agadir est ainsi, la porte occidentale du Sahara marocain. La grande beauté de cette ville, justement, c’est la combinaison de l’espace, de l’air, du soleil, de mer et de la montagne. Le soleil y brille 300 jours par an. Une lumière une chaleur exquises favorisent le bain à toute heure, en toute saison. La baie est bien protégée des vents par la colline et le promontoire du Cap Ghir.

Agadir, face à l’Atlantique bénéficie d’une immense plage de dix kilomètres, d’une déclivité faible et baignée par des eaux calmes. Elle a encore l’avantage de posséder parallèlement à la plage, une zone de dunes boisées.

La plage, utilisable toute l’année, bien abritée, constitue l’attrait principal de la ville, et peut recevoir plusieurs milliers de baigneurs. Son équipement comporte des parcs de stationnement pour plus de 600 voitures. D’autre part, les jeux de la mer sont un autre attrait d’Agadir, baignades, bain de soleil, yachting, pêche sportive, pêche sous-marine, promenades à dos de chameaux, où à cheval dans la forêt d’eucalyptus de 60 ha ou sur les pentes des premiers contreforts de l’Atlas, le Royal Golf sur la route d’Ait Mellal un parc de sports groupant toutes les installations sportives à proximité des différents quartiers de la ville a été conçu dans un cadre naturel largement boisé. Agadir est une ville tournée vers l’avenir. Admirablement desservie par de belles routes et un grand aérodrome, elle incite à venir en auto, en car ou en caravelle des différents points du Royaume et de l’Europe.

Une ville tournée vers

l’avenir

Agadir compte actuellement plus de 2.000 lits. Elle comptera d’ici 1972, plus de 7.000 lits. Grand carrefour routier, elle est aussi, et encore le point de départ vers de nombreuses et passionnantes excursions.

L’arrière pays, le Souss, nous l’avons vu est une région très riche en paysages et d’une forte personnalité. A une heure de route, Taroudant vous accueille avec son site grandiose et ses remparts séculaires. De là même on peut aller sur Ouarzazate découvrir les grandes vallées du Draâ, du Dadès, les gorges du Ziz et du Todra déjà célèbres. Toute proche, à 60 kms, est la montagne des Ida Ou Tanane où le grand village d’Imouzzer vous étonne avec ses lumières, ses couleurs et ses merveilleuses cascades : « les voiles de la mariée».

Vers le Sud, Tiznit est la ville présaharienne par excellence : au milieu d’une vaste palmeraie, ses remparts crénelés, ses portes, son minaret d’inspiration sénégalaise et, enfin son centre de fabrication de bijoux berbères en argent surprennent par leur beauté et leur charme original. Plus loin, voici Targuist, oasis luxuriante, Amtoudi et ses gorges enserrées dans des parois de plus de 200 m où sont perchés majestueusement les « Agadiris » forteresses sahariennes.

Goulimine est la cité des hommes bleus et du souk aux chameaux, aux portes même du désert qui commence là et ne finit nulle part. Non loin de Goulimine est la « plage blanche ».

Enfin, en plein désert, près de Tan-Tan, une belle plage solitaire également équipée de bungalows.

Le grand sud aussi…

L’aménagement du territoire, ne peut évidemment se développer de manière totale partout en une fois. Il y a donc lieu de procéder avec méthode, eu égard aux urgences de certaines zones prioritaires.

Nous avons cité les points d’impact, dans des régions déterminées de la Méditerranée (zone de Tanger, zone de Smir, zone d’Alhoceimas) de l’Atlantique (zone de Rabat, Casablanca et Agadir).

Les régions du Grand Sud et des villes impériales constituent aussi des zones à aménagement prioritaire en vue de créer un lieu de continuité touristique entre ces régions et les autres centres touristiques du Maroc.

La capacité hôtelière dans le Grand Sud est ede 1.250 lits. En 1972, elle sera portée à plus de 2.600 lits.

Quant aux villes impériales leurs capacité hôtelière est la suivante :

Ces villes impériales sont des véritables chantiers où partout naissent des hôtels et des installations touristiques. Le réseau hôtelier existant y est déjà mis en œuvre pour sonnant, les monuments sont savamment restaurés, l’artisanat, y est encouragé. Tout est mis déjà en œuvre pour faire de ces villes de grands carrefours et des relais dans les circuits touristique.

La région de Fès offre la possibilité de cures dans les sources thermales de Sidi Hrazem et de Moulay yacoub qui un jour connaîtront un renom international pour leur caractère bienfaisant. Ces diverses considérations montrent combien est riche le potentiel touristique marocain et combien une tâche exatlante est à la portée de ceux qui sont responsables de cette « poule aux œufs d’or ».

Le Maroc n’a pas encore donné toute la mesure de ce qu’il recèle en bienfaits de l’esprit et des sens. Le pays est devenu un grand chantier et les années s’annoncent fructueuses d’un tourisme national, et international cohérent, organisé où le secteur privé et le secteur public apportent leur pierre, mettant l’intelligence d’équipes dynamiques au service de l’intérêt général. Le Maroc, ainsi, plus que jamais comme le disait André Maurois est la seule contrée du Monde où les villes neuves sont dignes des anciennes.

L’histoire de Casablanca est riche en événements tout au long de son passé récent et lointain. C’est une ville multidimentielle qui a connu la paix, la guerre, la résistance, les révoltes, des conférences internationales, la visite du pape jean Paul II, les compétitions sportives de haut niveau et autres. La cité a été bombardée en 1907 par les Français, en 1942 par les Américains avant qu’il n y soit tenu la conférence d’Anfa qui rassemblait le président Roosevelt, le premier ministre britannique Churchill, le général De Gaulle et feu le roi Mohammed V. Casablanca fut la cité de la belle vie, des bons vivants, de la musique , du cinéma et des stars comme Edith Piaf, Charles Aznavour, Marcel cerdan . Tout a été acté dans le film mythique de « Casablanca ».C’était la belle époque où l’animation battait son plein au centre ville et Ain Diab. Notre directeur de la publication, Ahmed Zeghari, a traversé des décennies de cette histoire où il se remémore avec la précision d’une horloge les péripéties du temps et des hommes sur la cité blanche.

On vous invite dans ce deuxième épisode à faire la tournée des grands- ducs dans les meilleurs cabarets et boites de nuit de l’époque. Du spectacle garanti.

Dans les années cinquante et soixante, Casablanca ressemblait beaucoup plus à un arrondissement chic de Paris, qu’à une ville marocaine en pleine transformation après l’indépendance. C’est une cité à connotation occidentale aussi bien avec sa population européenne qu’avec le mode de vie que les Français, les Espagnols, les Portugais et autres expatriés menaient à cœur joie au centre ville, au Maarif et Ain Diab. Mais c’était aussi et surtout une cité qui accueillait fréquemment beaucoup de stars françaises de la musique et du cinéma. A tel point qu’à l’époque vous pouvez voir déambuler dans les rues de la ville Edith Piaf, Jacques Brel, Charles Aznavour, Gilbert Bécaud et bien d’autres chanteurs alors au début de leur carrière. Seule Edith Piaf était au summum de sa célébrité, elle se produisait souvent dans les multiples cabarets et boites de la ville. Mais si la môme tombait, comme tous les autres, sous le charme irresistible de Casablanca, elle y venait aussi pour rencontrer son sacré amoureux, boxeur de son état, le Casablancais Marcel Cerdan. Une histoire d’amour qui a fait le tour du monde avec un champion de monde de boxe et une championne du monde dans les tubes à succès. Cerdan, « le bombardier marocain » vivait à Casablanca avec sa femme et ses enfants mais entretenait une idylle avec Piaf dans leur refuge à Casa et parfois dans l’hôtel particulier de la môme à Paris. Mais la légende de la boxe tenait beaucoup à sa famille et à sa ville Casablanca où il fut enterré après un tragique accident d’avion qui l’a emporté à l’âge de 33 ans.

Des décennies plus tard sa dépouille sera transférée en France, mais sa légende demeure tout aussi casablancaise que parisienne, sinon plus marocaine quand on sait que le café « Marcel cerdan » a résisté au temps pour exister jusqu’à ce jour au Bd Rahal Meskini.

Autant dire que dans les années cinquante, soixante, voire au début de la décade soixante dix, Dar Beida était une ville très prisée en matière d’animation artistique, sportive et autres. La corniche d’Ain Diab attirait la jeunesse avec ses dancing (le Tangage, la RoRA russe, le Deauville...) où l’on dansait la Sacha avec les pianistes. Sans oublier bien sûr, les journées et les soirées passées dans les piscines avec une vue panoramique sur la mer (Tahiti, Kon Tiki, Miami, Jacque beach à Dar Bouaaza et autres). Mais c’est au centre ville que les spectacles, récitals et soirées animées battaient leur plein dans des cabarets, restaurants et dancings. Le spectacle était garanti pour tous les goûts et les couleurs.

Au Negresco on retrouvait August, le spécialiste du transsexuel. Au Puerta Del sol et au Rex, le strip tease. Au don quichotte, le spectacle est occidental tout comme à l’Embassy dirigé par le fameux Eugene Navaro où un certain Charles Aznavour faisait ses débuts comme chanteur. Les cabarets orientaux ne sont pas du reste, le Coq d’Or en Médina animé par Salim El Hilali, l’Oriental Place de Verdun par Samy Al Maghribi. La troupe des Galas Karcenty donnait au théâtre municipal du très beau spectacle avec des comédiens qui jouaient des pièces de boulevard. Dans ce même édifice, démoli à la hâte pour quelques fissures, Jacques Brel faisait le plein au début des années soixante quand Taieb Seddiki en était le directeur. C’est dire que personne ne s’ennuyait dans la cité blanche à cette époque où l’on servait les spectacles à tout bout de chant. A cette époque les hôtels n’étaient pas nombreux mais chacun programme un spectacle de son côté (hôtel Marhaba, El Mansour et l’hôtel El Manar) on se divertissait à satieté. Au Maarif, au centre ville et à la corniche. Mais aussi et surtout dans l’autre sens de la ville sur l’ancienne route de Rabat à Ain Sebaa où se trouvait le cabaret la guinguette fleurie. Une boite célèbre dont l’écriteau avisait les clients avec ces termes « ce soir comme tous les soirs, un cabaret, un music-hall. Les meilleures attractions, les plus belles pin up ». Une publicité succulente dont n’avait aucunement besoin cette boite où Edith Piaf a chanté à plusieurs reprises avec d’autres chanteurs français. Une fois, la môme avait donné trois récitals pendant trois soirées devant une salle pleine à craquer. Pourtant elle était bien malheureuse car dès son arrivée à Casablanca, elle apprit que son amant Marcel Cerdan a pris l’avion pour New York. Blessée, elle lui écrit « J'ai appris que tu allais faire construire une villa de dix millions à Casa et que tu t'installais de plus en plus ici. Vois-tu, c'est ça qui me tue et qui me fait ne plus rien comprendre…» c’est son compagnon qui va trouver la mort le 27 octobre 1949.

Drôle de hasard quand Marcel cerdan avait pris l’avion de New York pour retrouver Edith Piaf à Paris, l’appareil s’est crashé. Fin d’un amour mais Piaf a toujours faim d’amour, de vie, de musique et de tournées comme celle qui l’ont menée à plusieurs reprises à Casablanca. C’est elle qui remarque le talent de Charles Aznavour, qui comme par hasard a commencé son bout de chemin à partir de Casablanca. C’est en 1956 après un concert où il a connu un triomphe que l’arménien Aznavour est devenu la vedette que l’on connait depuis des décennies. Il en est de même pour Jacques Brel qui était certes plus connu qu’Aznavour, mais qui aurait aussi passé par la case Casablanca pour consolider sa réputation encore embryonnaire en France. Jacques Brel aimait beaucoup le Maroc où ses tournées sont innombrables à tel point qu’il avait pensé à s’y installer définitivement. Mais il aimait beaucoup Casablanca quand il se produisait aux arènes, au théâtre municipal et dans quelques boites huppées. Mais Brel avait aussi un faible pour Mohammedia, que l’on appelait « la petite suisse » avec son casino, l’hôtel Miramar, ses restaurants et ses plages. Mais Brel y allait souvent pour rejoindre ses amis au Sphynx, célèbre bordel de l’époque fréquenté surtout par les Français et la bourgeoisie marocaine. Certains y allaient pour prendre un verre comme Edith Piaf, Dalida et autres célébrités, d’autres fréquentaient cette maison close de luxe pour les beaux yeux d’une vingtaine de pensionnaires toutes des étrangères. Jaques Brel étaient de ceux-là et ne le cachait pas, voire il lui a consacré la chanson « Jeff » qui dit : « On ira voir les filles chez la Madame Andrée ».

Cette dernière était la dame qui officiait dans le sphynx , un établissement qui par la suite aura eu une histoire avec l’assassinat de Mehdi Benbarka. En effet quelques années plus tard,   le truand Boucheseiche accusé d’être le bourreau de Benbarka, en devient le gérant.

Ironie du sort, le sphynx est en train d’être transformé, aujourd’hui, en maison d’hôtes.

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