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Aujourd'hui: Oct 23, 2017

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patrimoine

patrimoine (11)

Bien que la grande outarde (Otis tarda) soit une espèce protégée par la législation Marocaine, sa population a connu un important déclin (d'au moins 55%)

au cours des 15 dernières années. Une stratégie de conservation et un plan d'action pour préserver la grande outarde au Maroc au cours des 10 prochaines années ont été élaborés.

Selon les experts, la situation de la grande outarde au Maroc est si critique qu'une hiérarchisation des actions urgentes à prendre, qui détaille les échéances et les responsabilités de chacun, doit être mise en œuvre dans les deux à trois prochaines années, pour arriver ainsi à inverser cette tendance.

Selon un communiqué de l’UICN, Les principales menaces qui pèsent sur les grandes outardes au Maroc sont : le risque de collision avec diverses infrastructures, notamment, les lignes électriques, l'intensification de l’agriculture, la chasse illégale (ou braconnage), ainsi que différentes formes de perturbations telles que la fragmentation de l'habitat. En conséquence, six axes d'intervention ont été identifiés pour faire face à ces menaces et qui sont : La mise en place des capacités de surveillance, la réduction au minimum des collisions avec les infrastructures; la sécurisation de l’habitat des sites clés abritant l’outarde; le renforcement de la sensibilisation et la valorisation ; l’organisation d’activités de recherche et de suivi et finalement d’utiliser des mécanismes de financement durable pour pouvoir implémenter ces recommandations La population marocaine de la grande outarde, une espèce classée comme étant Vulnérable selon la Liste rouge des espèces menacées de l'UICN, est faible et en déclin, avec une population d'environ 40 à 50 oiseaux. Les outardes se reproduisent principalement dans deux zones de reproduction et sont limitées à trois divisions géographiques du Maroc (la péninsule de Tanger, le Rharb et le Prérif). Cette population est la seule population de grandes outardes présentes en Afrique, et elle représente également la limite sud de sa répartition.

La stratégie contient 70 actions et notre principal et plus pressant objectif est que les leks clés d’Araoua et de Tleta-Rissana soient protégés par les désignations nationales appropriées et par le soutien d’une communauté forte et engagée d’ici 2020 » a dit Zouhair AMHAOUCH, Chef de la Division des Parcs et Réserves Naturelles du Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification.

« Certaines des communautés locales, qui se trouvent dans l’aire de répartition de la grande outarde, sont fières de partager leurs terres avec elles : des initiatives sur le terrain sont donc essentielles à cette stratégie de conservation. Les gens pourront donc faire une différence pour eux et pour la conservation de cette espèce emblématique » a dit Violeta Barrios, Coordinatrice du projet sur les stratégies de conservation au sein du Centre de Coopération pour la Méditerranée de l’IUCN.

On sait grâce à Léon l’Africain que la ville de Fès abritait déjà bien avant le XVIème siècle un quartier de céramistes (Fakharine). Ceux-ci exerçaient non loin de l’actuelle Bab Ftouh (quartier appelé Guerouaoua). Un recensement datant du XIIIème siècle, sous l’Emir Almohade An-Nasir énumère 124 ateliers exerçant dans ce quartier. Comment cette industrie a-t-elle pris racine dans la ville de Fès, de quelle manière a-t-elle évolué et par quelles étapes est-elle passée ? Tant de questions auxquelles les

spécialistes ont essayé de répondre avec moins plutôt que plus de précisions.

Car n’oublions pas que nous sommes là en présence d’une production

particulièrement fragile, à l’existence continuellement menacée. Et si les pièces qui sont parvenues jusqu’à nous et qui constituent les plus belles et les plus

précieuses collections qu’abritent nos musées manifestent une technicité

certaine, elle a malheureusement, au cours des siècles, subi des changements et connu des transformations imposées par l’histoire économique et sociale.

Nous n’évoquerons pas dans cette présentation les pourquoi et les comment de cette situation, mais nous considérerons par contre que les objets céramiques dont nous disposons parlent d’eux-mêmes en manifestant des couleurs, des formes et des motifs.

Ceux-ci constituent d’importants matériaux qui appellent à voir dans la céramique vernissée de Fès le support d’une Esthétique typiquement marocaine bien que certaines influences (Hispano-Mauresques, Asiatiques voire même Européennes) ne soient pas à écarter.

En partant de l’hypothèse suivant laquelle une Esthétique accomplie ne saurait être ce qu’elle est s’il n’y avait pour la supporter une technicité accomplie, nous simplifierons en disant que les faïences de Fès se présentent sous deux aspects fondamentaux : les bleus et les polychromes que nous présentons ici avant de vous donner une idée aussi résumée que possible sur les formes et les motifs qui les caractérisent.

1-Le bleu de Fès

Lorsqu’on prend l’habitude d’admirer en les observant les produits céramiques de Fès, on s’aperçoit évidemment de l’existence de deux ensembles majeurs. Les formes décorées en bleu et celles qui reçoivent plusieurs couleurs. Les deux ensembles sont constitués d’ustensiles utilitaires ou décoratifs sur fond blanc.

Plus ce blanc (obtenu par un oxyde de plomb et d’étain) est pur et brillant, plus il témoigne de la haute qualité technique et esthétique de l’objet.

Bien sûr Fès est surtout réputée par le bleu qui orne ses plats variés. Cette teinte n’est plus aujourd’hui ce qu’elle était encore au XIXème siècle, c’est-à-dire douce et à reflet métallique rappelant curieusement celle de Delft.

Au début du XXème siècle, A. Bel signale avoir découvert des carreaux de faïence dans les médersas mérinides qui témoignent d’une ancienne technique utilisant des minerais locaux dont la recette est oubliée.

Un plat de la collection du musée Batha daté de 1274 h (1854 J. C) témoigne pour nous de cette ancienne tradition tombée en désuétude, il offre au regard un reflet bleuté et métallique introuvable aujourd’hui.

Les faïenciers de Fès ont utilisé par la suite ce bleu de cobalt plus compact qui tranche si parfaitement avec les fonds blancs. Ce bleu était obtenu au moyen de la poudre de smalt fournie par des commerçants fassis établis en Angleterre.

2- Céramique polychrome

Le deuxième ensemble est constitué par des objets ornés de brun, de jaune et de vert.

a) Le brun : obtenu à partir du fer oligiste (Moghnasiya) vendu à Fès, il est utilisé à la couleur du raisin sec. Toutes les valeurs sont obtenues par simple dosage d’eau. On le retrouve remplissant de petites surfaces, appuyant les contours des motifs jaunes et verts et enfin garnissant les bordures des objets : hacures, losanges, croix entrelacées etc…

b) Le jaune : c’est un jaune fort appelé « dahbi » (doré), dosé à partir de la silice et de la calcine. Il donne aux objets céramiques tout l’éclat qui les caractérise. Les surfaces qu’il occupe sont assez importantes et c’est la raison pour laquelle il donne aux motifs qu’il orne tout leur éclat.

c) Le vert : Obtenu à partir de l’oxyde de cuivre pilé puis moulé à l’eau (Hdida lhamra), le vert forme avec le jaune un voisinage permanent. Ils s’assemblent pour donner au polychrome sa structure originale.

3) Formes et motifs

Pour clore cette présentation de la céramique fassie, il serait utile de donner un aperçu sur les principaux formes et décors qui leurs sont attachés.

Il suffirait de visiter plus d’une fois le Musée Batha pour s’apercevoir que deux catégories d’objets constituent l’impressionnante production céramique.

a) Les objets utilitaires qui, comme l’indique le sémantisme de leurs noms, servent soit à conserver les aliments gras (beurre, huile…), soit à usage domestique (assiettes, mokhfiya, divers bols ou carafes, etc) on peut en citer :

•les assiettes (ghtar) se subdivisent en plusieurs types selon leur profondeur et leurs rebords. On peut y inclure les grands plats à couscous (Mokhfiya) dont le diamètre peut parfois atteindre jusqu’à 80 cm.

•Les grands bols à beurre ou à fromage (Jobbana) à couvercle.

•Les grandes jarres à couvercle (khabiya).

b) La deuxième catégorie d’objets est représentée par ces encriers, pots à fleurs, lampes à huile, savonnières, etc.… et qui sont irrégulièrement fabriqués.

Toutes ces formes sont décorées de motifs généralement géométriques, végétaux ou épigraphiques sans oublier qu’à partir du XXème siècle il y eut l’adjonction, de figures zoomorphes et plus rarement anthropomorphes.

Pour donner une idée sur le décor végétal, nous ne citerons que certains motifs majeurs qu’on retrouve dans la flore de la région : ainsi foisonnent des motifs en points appelés noyau d’olive ou amande : des arborescences diverses sous forme de colonnes ou de rinceaux de marjolaine (merdeddouche), de jasmin (yasmin), sans oublier les rosaces, (appelées selon le nombre de leurs branches telles la cinquaine (khmasiya) ou dizaine (Lachriya) etc.… les palmettes, les tulipes persanes et enfin le motif en iris qui orne le fond des grands plats coniques (Mokhfiya).

Les décors géométriques se répartissent eux, selon l’épistémé culturelle et religieuse ; ainsi les motifs en rampe (derbouze), en colonne (sariya) en niches (Mirhabes) qu’on retrouve dans les bols à soupe. Le fond des assiettes est orné de motifs en damier appelés fels (pièce de monnaie) ou en demi cercles appelés chacun moitié d’étendard (Ness Elem).

Enfin, n’oublions pas le décor épigraphique où une écriture koufique stylisée répète dans les deux sens en affrontant les lettres « Kaf », la formule al Moulk (univers divin).

Ce ne sont là bien sûr que de simples indications sur l’originalité des faïences de Fès à valeur apéritive au désir de visiter les musées du Royaume, tellement riches en céramique.

Construit en 1926 et laissé à l’abandon et après 21 ans de son fermeture, Cinéma Palace Marrakech, cet espace de culture multidisciplinaire a été rénové et ouvert au public. Plusieurs personnes ont pu suivre la projection d’une série de films, l’innovation de ce lieu de culture vient à point nommé pour renforcer l’animation de cette ville. Nous espérons que cet exemple sera suivi le cinéma lux, la Villa Bel Air, la chapelle 1919, l’hôtel La Koutoubia qui devenait un dépôt d’ordure etc...

Le patrimoine artistique et culturel marocain est très riche. Personne ne soutiendra le contraire. Riche, millénaire et diversifié, ce patrimoine sera mis en lumière lors d’un évènement d’exception : «Moroccan Spirit : 1874-2014».

Il s’agit d’une vente-événement prévue à Paris le 25 novembre prochain. À travers cette manifestation culturelle et artistique, La prestigieuse Maison française de ventes aux enchères «Artcurial» vise à célébrer cent-quarante ans de création au Maroc. Et pas des moindres. Cette vente exceptionnelle présentera près de cent-vingt œuvres, offrant un panorama complet depuis la vision fantasmée de l'orientalisme du 19e siècle en passant par l'art moderne jusqu'à la jeune génération d'artistes marocains contemporains. «Cet évènement fera écho à l'ouverture du Musée Mohammed VI d'art moderne et contemporain, à Rabat, ainsi qu'à plusieurs autres manifestations culturelles qui auront lieu à Paris», expliquent les organisateurs.

Le Maroc sera, en effet, mis à l'honneur lors du second semestre 2014 au Musée du Louvre, avec l'exposition «Le Maroc médiéval, un empire de l'Afrique à l'Espagne», à l'Institut du Monde arabe qui présentera «Le Maroc contemporain» ainsi qu'à l'Institut des cultures de l'Islam avec pour thème de son neuvième festival, le «Maroc, arts d'identité».

Suite aux succès, en 2011, de la pré-exposition «Jacques Majorelle et ses contemporains» à Marrakech et de la vente qui suivit à Paris (record du monde atteint par «Artcurial» pour des œuvres de Jacques Majorelle et d'Edy Legrand), «Artcurial» exposera la vente «Moroccan Spirit : 1874-2014» en avant-première à Casablanca, les 12 et 13 novembre 2014. Les œuvres seront présentées dans le cadre magnifique de la Villa des arts, avant d'être dévoilées à Paris à partir du 22 novembre. Selon «Artcurial», cette vente, entièrement dédiée à l'extraordinaire richesse de l'art marocain, témoigne de l'arrivée et de la reconnaissance de l'art moderne et des artistes marocains contemporains sur la scène internationale du marché de l'art.

La vente «Moroccan Spirit : 1874-2014» parcourra 140 ans de création marocaine autour de trois principaux axes à savoir les orientalistes avec notamment un exceptionnel portrait, «Aouïcha», peint par Jean-François Portaels en 1874, l'art moderne marocain représenté par une collection privée d'une trentaine d'œuvres de Miloud Labied, Chaïbia Tallal, Jilali Gharbaoui, Ahmed Cherkaoui et Hassan El Glaoui ainsi que les œuvres contemporaines qui ont été «curatées» par Meryem Sebti, rédactrice en chef de «Diptyk». «J'ai essayé, pour cette vente-évènement, de combiner à la fois ce qui me semble le plus pertinent au regard des critères du marché, mais aussi ce qui est le plus représentatif des préoccupations de cette jeune scène qui intéresse beaucoup les institutions internationales», affirme Meryem Sebti.

Cette dernière se dit convaincue que les artistes marocains peuvent séduire la clientèle internationale d'«Artcurial». Cette vente sera l'occasion pour les collectionneurs et les amateurs de «découvrir toute la richesse de la création marocaine au fil du temps et de créer des ponts entre la période classique et la période contemporaine», souligne la Maison française de ventes aux enchères.

L’histoire de Casablanca est riche en événements tout au long de son passé récent et lointain. C’est une ville multidimentielle qui a connu la paix, la guerre, la résistance, les révoltes, des conférences internationales, la visite du pape jean Paul II, les compétitions sportives de haut niveau et autres. La cité a été bombardée en 1907 par les Français, en 1942 par les Américains avant qu’il n y soit tenu la conférence d’Anfa qui rassemblait le président Roosevelt, le premier ministre britannique Churchill, le général De Gaulle et feu le roi Mohammed V. Casablanca fut la cité de la belle vie, des bons vivants, de la musique , du cinéma et des stars comme Edith Piaf, Charles Aznavour, Marcel cerdan . Tout a été acté dans le film mythique de « Casablanca ». C’était la belle époque où l’animation battait son plein au centre ville et Ain Diab. Notre directeur de la publication, Ahmed Zeghari, a traversé des décennies de cette histoire où il se remémore avec la précision d’une horloge les péripéties du temps et des hommes sur la cité blanche. Aujourd’hui le grand prix formule 1 de 1958 comptant pour le championnat du monde qui s’est deroulé sur le circuit d’Ain Diab.

Notre directeur de la publication, Ahmed Zeghari, était un féru des marques automobiles les plus prestigieuses de l’après indépendance. Il aimait tellement les voitures et le sport automobile qu’il en a gardé deux depuis des décennies qu’il les a achetées chez des personnalités connues allant du domaine politique à celui de l’automobile. Aussi est-il normal qu’il soit présent ce jour du 19 octobre 1958 aux alentours de la corniche d’Ain Diab où se déroulait une course automobile de haut rang.

Ce fut la première édition du Grand Prix de formule 1 et la dernière qui s’est déroulée à Casablanca comptant pour le championnat du monde de cette catégorie. Autant dire qu’il y avait foule, des pilotes de renom mondial et surtout une présence royale de feu Mohammed VI et du prince héritier d’alors Moulay Hassan. Il y avait aussi plusieurs membres du gouvernement Balafrej dont notamment Abderrahim Bouabid, M’hamed Boucetta, Mohamed Douiri, Mohamed Aouad, Driss Saloui…etc.

Un gouvernement qui sera dissout 45 jours après cet événement tout comme celui de son prédécesseur présidé par Bekkai Ben Mbarek et son successeur Abdallah Ibrahim. C’est dire que la course aux dissolutions battait son plein à l’époque, mais la course automobile de formule 1 de ce dimanche 19 octobre 1958 s’est déroulée jusqu’à la ligne d’arrivée même si elle a été entachée par un accident tragique. Il faut signaler que le Grand Prix automobile du Maroc existait depuis déjà 1925 et se déroulait chaque année même s’il ne comptait pas pour le championnat du monde. Une course qui a été organisée de 1925 à 1934 pour s’arrêter de 1935 à 1953 à cause des secousses politiques d’avant et d’après la deuxième guerre mondiale.

Cette compétition a repris en 1954 avec le Grand Prix d’Agadir qui a été organisé pendant trois ans avant que le Grand prix du Maroc ne revienne à Casablanca en 1 957. En cette année les autorités marocaines ont construit le circuit d’Ain Diab destiné à accueillir la formule 1 et les 12 heures de Casablanca. Et ce circuit qui a accueilli le 19 octobre 1958 l’ultime manche du championnat du monde de la formule1 où se jouait le titre mondial entre le Britannique Mike Hawthorne (Ferrari) et son compatriote Stirling Moss (Vanwall).

La course fut très disputée sur un circuit de 8 kilomètres qui se distinguait par la dangerosité de ses virages tout au long de ce parcours qui longe la corniche, le bd panoramique, sidi Abderrahmane et la route d’Azemmour. Après 53 tours âprement disputés, c’est finalement le pilote Stirling Moss qui remporte la victoire mais c’est son compatriote Mike Hawthorn, deuxième du GP, qui détiendra la titre mondial de formule 1 de cette année 1958. Malheureusement cette course qui a été massivement suivie par les Marocains et les Européens a été entachée par le tragique accident du pilote Stewart-Lewis-Ewens qui décédera quelques jours plus tard de ses blessures.

Ce fut la première victoire d’un pilote anglais mais ce fut le dernier GP de formule 1 qui s’est déroulé au Maroc alors premier pays arabe et africain à accueillir un événement sportif mondial de cette envergure. C’est dire qu’il y a 56 ans les Marocains (européens ou nationaux) rivalisaient avec les grands pays de ce monde, alors qu’aujourd’hui, ils sont incapables de tenir une assemblée générale de football sans la tutelle de la FIFA, voire de la CAF.

Pourtant ceux qui ont organisé Le GP de Casablanca, n’étaient pas de grands mastodontes, ni de fédération mais le Touring club et surtout l’association des coureurs automobiles dont le président était un certain Fourcadet. Il y avait aussi Benchayon qui détenait un garage de concessionnaire de voitures au bd Jean Courbin aujourd’hui Brahim Roudani.

Il y avait aussi comme organisateur André Guelfi qui était pilote, d’ailleurs il a participé au GP de Casablanca et a pu terminer la course. Mais Guelfi avait plusieurs cordes à son arc en étant d’abord maitre-pêcheur, propriétaire d’un chalutier. Mais il était surtout un pilote d’avion et il a pu ainsi devenir le pilote du général Oufkir avant qu’il ne prenne la fuite lors du coup d’Etat de 1972. L’avion sera rapatrié par la suite au Maroc et André Guelfi deviendra millionnaire après avoir intégré la société Elf Aquitain.

Notre directeur de la publication, très porté sur les belles voitures connaissait bien Guelfi et Benchayon avec lesquels il continue de partager, à distance, des souvenirs aussi lointains. Et pour cause Bechayaon lui a vendu en 1958 un Ford Tendenrbend de 1955 qui n’a pas changé de main depuis et qui demeure en l’état au jour d’aujourd’hui. Mais l’histoire du lotus est encore plus emblématique puisque Guelfi et Benchayon l’ont vendue à Zeghari à l’état neuf alors qu’il était destinée à Fatima Oufkir, épouse du général Oufkir. C’était en 1971 après le coup d’Etat de Skhirat sauf qu’Oufkir a interdit à sa femme de rouler dans cette voiture pour des raisons ayant trait aux événements de l’époque. Oufkir a alors chargé Guelfi et Benchayon de la revendre tout leur conseillant de la refiler à notre directeur de la publication qu’il savait amoureux de belles voitures. Quarante trois ans après, le lotus est toujours dans le garage de Zeghari, intacte et près à rouler. L’histoire de Casablanca continue dans notre prochain numéro.

En 1932 l’administrateur délégué de la société Chérifienne d’hivernage présentait aux autorités locales de Marrakech de l’époque le plan de la création d’une nouvelle cité appelée « ville d’hivernage ». Piloté par

le célébrissime architecte français, Henri Prost, auteur notamment des plans directeurs de Casablanca, Rabat, Fès, Meknès et Marrakech, ce projet édifié sur un immense espace boisé et fleuri, s’étend de l’ancienne Medina jusqu’à l’agglomération européenne de Gueliz. Il se compose de plusieurs artères qui traversent les jardins, parcs et palmeraie autour desquels seront édifiés des villas, des bâtiments et autres offices.

Il s’agit notamment de l’avenue de la Menara encadrée de jardins et qui relie le Bab Djedid au parc de la Menara, tout comme l’avenue des Trois Parc qui relie le parc Lyautey, le Djenane Harti et la Menara et frôle trois bassins en l’occurrence le Parc Municipal, celui de la pépinière et de la Menara. Une véritable ville

nouvelle qui comprend le grand hôtel, un bureau de postes, un souk, des cafés, des bars, un casino, un golf et , bien sûr, un office de tourisme. Déjà à l’époque, il y a de cela 82 ans, le tourisme prenait une part importante dans la conception de ce plan d’aménagement qui s’articule autour de la beauté de ce paysage unique

surplombé par l’Atlas et entouré de monuments, de jardins, de parcs et de palmeraie. Lisez ce que ce disait l’auteur de cette présentation et dont la teneur touristique reste on ne plus d’actualité après tant de décennies passées : « Nous avons la chance d’avoir un paysage unique, où la civilisation moderne est peu visible, nous saurons le protéger et en tirer parti, pour retenir les touristes en quête de sensations inédites. » Il faut

absolument lire ce document exceptionnel qui relate Marrakech avec un style et un condensé impressionnants. Il cite l’ouvrage de Jacques Majorelle et emprunte ses dessins et ses photos mais il decrit aussi la préface du Marechal Lyautey qui qualifie Majorelle de « peintre de Marrakech et du Grand Atlas marocain ». Malgré son âge avancé, les responsables du ministère du tourisme ne trouveront meilleure brochure que cette lettre inédite pour promouvoir les paysages pittoresques de la ville ocre et de ses environs.

En venant de Casablanca, après avoir franchi les Djebilets, montagnes fines et découpées, et dépassé l’Oued Tensift puis le roc jaune, tacheté de brun du Guéliz, voici la ville de Marrakech, édifiée dans la fertile plaine du Haouz. Elle s’étale toute rouge à l’intérieur de la ligne continue de ses grands remparts, longs de 18 kilomètres, ceinturée du vert d’une immense palmeraie, et dominée par le minaret avelte, presque humain de la Koutoubia, qui se profile sur l’écran de l’Atlas.

L’Atlas est là, en effet, surplombant la Ville et barrant d’horizon au Sud : une pente insensible à l’œil, mais régulière, et se prolongeant sur une profondeur de 30 à 40 kilomètres, fait à l’immense chaîne de montagnes une sorte de soubassement, si bien qu’elle paraît suspendue dans un scintillement de lumière.

Sur les cimes, la neige. La neige dans le ciel limpide et brûlant de l’Afrique, au seuil du Sahara. La neige soulignée par la ligne rougeâtre du Moyen Atlas.

Quel contraste, Messieurs, avec l’aspect du premier plan : les palmiers de l’Oasis, les fleurs blanches des amandiers, les bouquets roses des abricotiers, les bras d’argent tourmentés des figuiers.

Au long du jour, la ville et la montagne semblent changer perpétuellement de parure et voici qu’à l’heure où le soleil se rapproche de l’horizon, toute la gamme des pourpres, des ors, des violacés, vient se jouer sur les pentes rocheuses de la montagne, parmi les jeux de lumière, avec des ombres portées saisissantes, tandis que les murailles, vieilles et lépreuses, et les minarets s’illuminent et rougeoient, et que les plus hautes cimes, sous les dernières vibrations de feu, deviennent semblables à des torches qui flambent.

Après la féerie du crépuscule, voici le clair de lune apaisant mis non moins irréel.

C’est maintenant le mauve, le bleu, l’argent qui composent la palette.

Au dessus des terrasses et des mosquées, l’Atlas flotte maintenant entre l’azur et la terre, galère aux dimensions étonnantes qui s’avance vers l’Océan, tandis que sa poupe s’attarde aux confins algériens, galère dont la voilure est faite de neige resplendissante.

Je ne vous apprendrai rien, Messieurs, en vous disant que Marrakech, la 2ème Capitale du Maroc, est la ville la plus peuplée de l’Empire, avec ses 190.000 indigènes et ses 10.000 européens.

Résidence des Sultans, aussi bien que Fès et Meknès, capitale politique et religieuse du Sud, Marrakech est l’aboutissement des pistes qui vont au delà de l’Atlas, vers le Souss et l’Anti Atlas. Ces voies fréquentées par les chameaux ou les ânes disent bien que depuis près de 1.000 ans, Marrakech, fondée par la dynastie saharienne des Almoravides, fut toujours la cité du commerce, la ville entrepôt, vers laquelle affluent les marchandises provenant de l’Extrême Sud et du Tafilalet… peut-être aussi la ville du plaisir…Il ne saurait être question, dans les limites restreintes de cette communication, de décrire la Médina, avec tout ce qu’elle renferme. Toutefois, je vous citerai :

Les tombeaux Saadiens : œuvre d’art la plus parfaite, peut-être, de l’Afrique du Nord, avec leurs colonnes de marbre, dont le renflement, le galbe, ont paru si surprenant aux architectes et aux artistes, dans cette ville musulmane dont l’art a pour principe essentiel de rester indifférent à ce qui est terrestre et humain.

La Koutoubia : Minaret de 85 mètres de haut, à l’’aspect sobre, harmonieux de proportions, contemporaine, dit-on, de la Tour Hassan de Rabat et de la Giralda de Séville.

Il faudrait citer encore les ruines du Palais d’El Bedii, voisine du mausolée des Saadiens : la Médersa, la Bahia, le Palais Dar el Beida, aujourd’hui Hôpital Maisonnave, le Palais du Sultan et combien de mosquées, de fontaines publiques qui forcent l’admiration.

Et enfin, la Place Djemaâ el Fna si souvent décrite déjà par maints auteurs, mais dont le pittoresque et l’immensité s’imposent aux moins prévenus. Nul Sultan n’y fait exposer maintenant des têtes de rebelles -ce qui, jadis, lui aurait valu son nom-. Cette place, le matin, est un marché, une foire gigantesque. A la fin du jour, elle présente une foule grouillante, rassemblée pour écouter les conteurs et les musiciens, admirer les acrobates, les danseurs chleuhs, les montreurs de serpents. Les hommes bleus du Sud y coudoient les montagnards en djellabahs à raies grises et les arabes de la plaine en vêtements blancs. La couleur vive, orange, rouge ou verte, d’une robe, jette çà et là une note qui se détache de l’ensemble comme l’appel des conteurs s’élève sur le brouhaha de la foule.

Laissez-moi, Messieurs, vous présenter maintenant les jardins, les Parcs, la Palmeraie, autrement dit, les beautés naturelles et le cadre même de la ville d’hivernage dont la vision apparut dès l’occupation même au premier maire de Marrakech, le Capitaine LANDAIS.

S’il est vrai que l’urbanisme peut être défini, l’art d’utiliser tout à la fois la lumière, le soleil, les beautés naturelles, et les beautés aménagées qui sont en puissance dans un site, il faut reconnaître qu’il est écrit dans l’atmosphère et sur le sol qu’une cité incomparable doit naître à ce balcon de rêve, situé au Sud, face à l’Atlas, entre les jardins de l’Aguedal et de la Mamounia et le Parc Lyautey, à l’Est, le Djeman el Hartsi, au Centre, et la Ménara à l’Ouest.

Ces jardins sont largement arrosés. Les eaux captées jusqu’au pied de l’Atlas par des galeries souterraines qu’inventa la Perse antique, leur sont distribuées par ces bassins qui sont une des beautés des jardins de l’Islam. Et tout d’abord l’Aguedal, parc immense, couvrant six cents hectares, fondé au 12ème siècle, autrefois réservé aux Sultans, forêt d’oliviers, d’orangers et de citronniers, traversée par de majestueuses avenues, orné tout à la fois et irrigué par deux vastes bassins dont le plus grand n’a pas moins de 4 hectares de surface, avec son kiosque à colonnes, recouvert de tuiles couleur de turquoise et dont les murs sont découpés à jour.

Citons les jardins de la Mamounia qui abrient aujourd’hui l’hôtel délicieux de la Société des Voyages et hôtels Nord Africains. Il y règne un peuple d’orangers chargés de fruits, mais aussi les plus beaux oliviers du monde, au feuillage vert pâle, grands comme des chênes et qui abritent d’innombrables oiseaux.

Voici le Djenan el Hartsi, jardin Municipal, que les vieux oliviers couvrent d’une ombre légère, et le Parc de la Ménara, véritable joyau datant vraisemblablement de 17ème siècle. Planté lui aussi de beaux oliviers, disposés autour d’un grand bassin dont les eaux reflètent un papillon aux proportions harmonieuses, construit au 19ème siècle.

Enfin, la Palmeraie. Mais ici, permettez-moi de citer l’un des vôtres, disparu hélas aujourd’hui, M. Forestier : « Rien n’est plus saisissant que le spectacle qui s’offre à la vue lorsqu’en arrivant de Casablanca on aperçoit tout d’un coup, quelques kilomètres avant d’atteindre Marrakech au milieu d’une grande plaine d’aspect désertique, barrée au Sud par la ligne bleue et blanche de l’Atlas couvert de neige : le vert imprévu, abondant, le vert frais reposant, d’une immense oasis dans laquelle se dissimule presque la ville berbère. Et après cette longue route de plus de 200 kilomètres, à travers des plaines nues, c’est une jouissance inattendue que d’aborder la ville par la longue traversée d’une palmeraie verdoyante. C’est une merveille qui, protégée, développée, dépassera en beauté les palmiers et la palmeraie de la fameuse Elche en Espagne ». Le climat de Marrakech, élément essentiel pour une station d’hivernage, est conditionné par sa situation géographique qui lui vaut de Novembre à Avril des minima variant entre +32 et 11,4, tandis que les maxima oscillent entre +17,4 et 25°.

Le thermomètre, d’ailleurs n’exprime pas tout. La rareté des pluies, la sécheresse incomparable de l’air, une luminosité intense qui est déjà un peu celle du désert, la faible altitude de 400 mètres qui convient à toutes les constitutions physiques, ajoutent à la douceur de la température des propriétés climatiques, toniques et sédatives qui font de ce lieu, l’hiver, un des plus reposants qui soit .

Station climatique autant que ville curieuse et marché pittoresque, Marrakech a retenu l’attention de l’Administration française. Celle-ci, au jour même où elle entreprenait l’assainissement de la ville indigène –comme celui de toutes les médinas du Maroc- décida, en effet, la création d’une ville d’hivernage dans l’espace fleuri et boisé que je viens de décrire rapidement, entre la ville antique et l’agglomération européenne du Guéliz. C’est pour procurer à ses hôtes le confort raffiné qui leur est nécessaire et les distractions qu’ils aiment trouver tout près d’eux à certaines heures, qu’à l’instigation de John Dal Plaz, la société chérifienne d’hivernage dont j’ai l’honneur d’être l’Administrateur-délégué, a entrepris de créer la Cité nouvelle sur le domaine qui lui appartient en propre au voisinage des remparts, aussi bien que sur les terrains de la ville de Marrakech et de l’Etat Chérifien, dont une Convention lui a confié l’aménagement et la gérance. M. Prost, « le grand urbaniste du Maroc », a accepté de créer cette cité d’Hivernage. Prononcer son nom parmi vous, Messieurs, c’est tout dire, n’est-il pas vrai ?

Les caractéristiques du plan qu’il compte réaliser sont les suivantes :

Une grande artère, parallèle au front de l’Atlas, l’avenue de la Ménara, rejoint la ville indigène (au sortir de la porte « Bab Djedid »), au merveilleux parc de la Ménara.

Encadrée de jardins en contrebas, à la mode indigène, cette Avenue sera bordée au Nord par une longue terrasse surélevée de quelques mètres au dessus des terrains voisins, afin de mieux dominer le paysage.

Le « Bled », au Sud de cette artère, est gravé d’une servitude « non aedificandi » très étendue, dans le but de sauvegarder l’aspect désertique des premiers plans du panorama de l’Atlas qu’on découvre tout le long de cette Avenue. Nous avons, en effet, la chance d’avoir un paysage unique, où la civilisation moderne est peu visible, nous saurons le protéger et en tirer parti, pour retenir les touristes en quête de sensations inédites. Une autre voie, l’Avenue des Trois Parc, relie le Parc Lyautey, le Djennan el Hartsi et la Ménara. Parmi tant de splendeurs, elle frôle trois bassins délicieux : celui du Parc Municipal, celui de la Pépinière et enfin le bassin même de la Ménara, dont je vous parlais il y a un instant. L’Avenue Dal Piaz prend naissance sur l’Avenue de la Koutoubia au Guéliz. Conçue en allée de parc fleurie, elle se dirige par un parcours sinueux, à proximité d’une ravissante et vieille oliveraie que nous possédons, vers la Place où seront réunies les principales attractions de la Station d’Hivernage : un grand hôtel, la Potinière, souk, avec Café, bar, bureau de poste, office de tourisme, souks à tapis et curiosités, desservis par des galeries promenoirs ensoleillées ou ombragées, selon l’orientation ; enfin le Casino précédé d’un jardin avec fontaines, le tout fermant un ensemble verdoyant et fleuri. J’ai bien dit le Casino. Nous avons en effet obtenu que, seule au Maroc, la ville de Marrakech soit autorisée à ouvrir les jeux en faveur des seuls hivernants et touristes c’est un fait dont l’importance n’a pas besoin d’être soulignée. L’emplacement du casino est conditionné par plusieurs motifs : il aura au Sud la vue sur l’Atlas –au Nord une longue perspective sur le Parc du Djenan el Hartsi- à l’Est il s’ouvrira sur la Place-Parc à côté de la Potinière dont je viens de parler. Il est ainsi placé à proximité de l’Hôtel et des premières villas construites, tout en étant peu éloigné de l’Hôtel de la Mamounia.

Les villas et habitations diverses seront réparties sur le reste du terrain, selon les besoins futurs avec, sans doute, d’autres hôtels et des édifices, dont la nécessité se révèlera au cours du développement de l’agglomération.Toutes les constructions seront isolées dans les jardins celles édifiées sur l’alignement des voies sont grevées d’une servitude de portiques abritant les trottoirs. Les villas et immeubles seront composés au maximum d’un étage sur rez-de chaussée et d’un deuxième étage partiel n’occupant pas plus de la moitié de la surface du rez-de-chaussée.

La couverture en terrasse est obligatoire ; ne seront autorisés que les combles recouverts de tuiles vertes.

Nous nous efforçons, dans les plantations que nous avons effectuées et que nous poursuivrons d’année en année, de nous rapprocher des jardins indigènes, avec leur fouillis d’abricotiers aux fleurs roses, de lilas au Japon, d’arbres de Judée, de cyprès, de palmiers, d’orangers, d’oliviers, de citronniers, de figuiers, d’amandiers et de bougainvillées. Je dois vous confier, au surplus, que nous avons décidé de créer une immense roseraie de 20000 rosiers sous les oliviers centenaires du Parc Djenan el Hartsi. Cette roseraie de Marrakech sous les oliviers ne sera pas la moindre originalité et le moindre attrait de la Cité d’Hivernage. Enfin, puisqu’en suis aux confidences, je veux vous donner la primeur, Messieurs, du Golf que nous avons acheté dans la Palmeraie et dont les parcours seront dessinés autour d’une merveilleuse daya, sorte de lac naturel.

Les joueurs privilégiés de ce Golf auront, au Nord, la vue des Djebilets si belles dans leur parure mauve et rose, et au Sud la splendeur de la chaîne de l’Atlas dont je vous ai donné un aperçu il y a un instant. Les connaisseurs qui ont fait le tour du monde affirment que ce sera plus beau que Singapour…

Indépendamment des promenades que la ville de Marrakech, ses parcs et sa palmeraie, réservent aux hivernants, de nombreuses distractions et excursions les possibilités de chasse aux alentours aussi bien que par les circuits dès maintenant assurés dans l’Atlas, le Souss et l’Anti Atlas. Grâce aux excellentes routes actuellement établies, la mer, Mogador et Agadir sont à quelques heures, en auto, de Marrakech. L’océan est là avec ses couleurs pâles l’été mais superbe l’hiver lorsque les fonds rougeoyants de la mer se trouvent remués par la houle. D’autres routes conduisant jusqu’aux villages accrochés avec leurs kasbahs au flanc des vallées de l’Atlas, que la neige recouvre jusqu’à 1.500 mètres d’altitude. Ces routes s’enfoncent progressivement dans le massif. L’une d’elles, traversant déjà la chaîne toute entière, conduit jusqu’aux confins du désert par la haute vallée du Draâ. Son prolongement naturel est la voie antique des caravanes qui sera demain l’autostrade vers Tombouctou et le Centre Africain.

C’est dans les couloirs étroits, au passage des cols, aux portes du versant Sud surtout, que l’on rencontre les grandes kasbahs, ces citadelles d’une architecture si ancienne qu’elles s’apparentent aux châteaux forts du Thibet. Ce sont ces kasbahs de l’Atlas que le peintre Jacques Majorelle a évoquées dans son ouvrage récemment paru, dont le Maréchal Lyautey, en terminant sa préface, a dit :

« Qu’il me soit permis de vous remercier de la vivante évocation que constituent pour moi vos kasbahs de l’Atlas. Elles font revivre à mes yeux tout le charme prenant, toute la poésie du Sud marocain que vous avez si bien su rendre en ces dessins aux chaudes couleurs, aux lignes résolument modernes, qui font de vous le peintre de Marrakech et du Grand Atlas marocain ». Je tiens, ici, à remercier l’éditeur de Majorelle, M. Maynial, qui a bien voulu m’autoriser à utiliser pour cette communication les clichés que je suis heureux de vous montrer et qui représentent quelques unes des planches de son album. Il y manque, hélas, cette couleurs qui donne à la vie un sens particulier mais vous connaissez, Messieurs, la valeur d’un rose marocain, d’un gris ardoise et argenté, et son importance sociale elle-même. La vallée du Souss et celle du Draâ sont déjà ouvertes aux touristes qui auront la possibilité non seulement de visiter ces légendaires kasbahs de l’Atlas, mais encore d’y séjourner. Les fatigues du voyage seront ainsi atténuées et les hivernants y trouveront la facilité d’un contact plus prolongé avec ces milieux féodaux. Après les Vallées eu Souss et du Draâ, va s’ouvrir la « Vallée des cent kasbahs », celle de l’Oued Ziz, dernier asile d’un moyen-âge vivant. Avant d’arriver jusque là, le touriste épris d’alpinisme aura remarqué que les principaux massifs de la chaîne dressent, entre 3.000 et 4.000 mètres, leurs sommets inviolés. Il n’est pas téméraire de penser qu’il découvrira aux moyennes altitudes des champs de neige favorables aux sports d’hiver.

C’est ce que nous laisse espérer l’aviation militaire qui a promené son regard aigu et précis sur toute la chaîne dont elle a dressé la carte.

L’expérience qu’elle a acquise par ses vols journaliers sera précieuse pour l’aviation de tourisme que ne peut manquer d’attirer la nouveauté et la variété du panorama du Sud Marocain sous un ciel rarement voilé. Quand le programme de la Société Chérifienne d’hivernage sera réalisé, Marrakech, désignée par des conditions prendra la place qui lui revient dans le périple du tourisme méditerranée, auquel le Maroc offre une perte sur l’Océan. Cette perspective ne doit pas effrayer les autres centres touristiques de ce périple. Au contraire, c’est créant des attractions nouvelles, en élargissant le champ des excursions, en le rattachant le plus tôt possible aux régions du Centre Africain, que l’industrie touristique méditerranéenne peut espérer retenir une clientèle que lui disputent de plus en plus d’autres parties du monde.

Marrakech, nouvelle venue, joindra ses efforts à ceux de ses aînées pour assurer le succès commun.

Et si vous me permettes d’émettre un vœu, je vous dirais : « n’allez pas à Marrakech, restez-y ».

Si la mise en valeur du patrimoine et de l'histoire de Casablanca fait aujourd'hui partie des priorités des responsables du tourisme, certains pans de l'identité de la ville

restent encore laissés aux oubliettes. Bousbir, "quartier réservé" dédié à la prostitution, en fait partie. Une partie de la mémoire de la ville volontairement occultée tant sa charge émotionelle reste forte.

Dès le début de la colonisation française au Maroc, en 1914, les forces "protectrices" ont décidé d'organiser la prostitution pour limiter les dégâts hygiéniques et ainsi protéger la société blanche et métropolitaine des risques épidémiologiques. Ce sera notamment le cas à Casablanca. En effet, les prostituées locales font alors peur à cause de la syphilis. On décide donc de les parquer et d'ainsi mieux les contrôler dans quelques ruelles faciles à surveiller. Quelques lots furent de fait affectés à la réalisation du premier quartier réservé de Casablanca sur des terrains appartenant à M. Prosper Ferrieu. Ce dernier, né à Casblanca en 1866, d'abord chargé du Consulat de France, puis vice-consul de Grèce, conseiller politique du général d'Amadou et enfin conseiller du commerce extérieur de la France au Maroc, eu beau , en tant que personnalité publique, s'y opposer vertemment, il ne put empêcher la fixation du quartier réservé à qui, à son plus grand désespoir, il devait donner son prénom, Prosper, déformé par la prononciation marocaine en Bousbir. Se trouvant juste à côté du centre-ville construit par les Français, à Bab Marrakech, en bordure de l'Ancienne Médina, il fut décidé, en 1923, par le chef des services municipaux de Casablanca, de le déplacé dans un quartier moins central. On fit alors appel à l'initiative privée et une société immobilière "La Cressonière", fut crée. Le quartier réservé se retrouva alors déplacé loin des regards, dans la Nouvelle Médina, avec tout de même une ligne de bus direct qui le relie au centre-ville européen et dont il était l'unique destination. Entièrement clos de murs, il ne possédait qu'une entrée, située sur sa face Est, gardée par un double poste, militaire et policier. Dès que l'on franchissait la grande porte, on se trouvait dans une rue de dix mètres de large et de soixante mètres de long qui se terminait sur une place rectangulaire de vingt mètres sur quarante-huit.

Les guides touristiques de l'époque en parlent assez abondamment : "Les touristes amateurs d'études de moeurs (sont invités) à gagner la ville close de Bousbir, quartier neuf réservé aux femmes publiques (...) Un cadre qui ne manque pas de poésie."... Véritable bordel à ciel ouvert, Bousbir comptera, sur 24 000 m², de 600 à 900 prostituées qui, y vivant comme en prison, sont astreintes aux visites médicales régulières, peuvent commencer dès l'âge de 12 ans et finir usées à 25. Pour leur recrutement, la police n'hésite pas à mettre la main à la pâte, fournissant régulièrement Bousbir en "chair fraîche", majoritairement mineure. Les femmes et les filles "travaillant" dans le quartier étaient soumises à l'autorité inflexible d'une "patronne", perdant totalement leur indépendance. Sans salaire fixe, soit elles travaillaient "au pair" et n'avaient donc comme ressources que les maigres "pourboires" consentis par les clients, soit elles participaient aux "bénéfices", étant entendu qu'après soustraction du prix de la nourriture, des vêtements et des avances consenties à taux usuraires, il ne leur restaient alors plus grand chose... Un astucieux système qui permettait d'asseoir définitivement, pour le plus grand plaisir des "consommateurs" une situation d'esclavage des femmes soumises ainsi aux désidératas de leur patronne.

Cité prostitutionnelle, cité carcérale, Bousbir, qui sera le modèle des quartiers réservés au Maroc et ailleurs au Maghreb, s'illustrait par sa règlementation administrative, par son contrôle individuel et sanitaire, et, surtout, par le travail d’abattage des prostituées "indigènes", qui pouvait subir jusqu’à 70 rapports sexuels journaliers – un « taylorisme sexuel » selon Christelle Taraud, auteur de "La prostitution coloniale. Algérie, Tunisie, Maroc (1830-1962)"–.

Pour les forces coloniales, cela répondait un double objectif :

ld'une part assouvir les fantasmes de l’imaginaire relationnel et sexuel occidental, épris d'orientalisme, qui faisant écho à l'ébauche des revendications d'autonomie des femmes occidentales, véhiculait, pour la femme maghrébine, une image de féminité oisive, passive et offerte qui traduit l’idée que dans nos pays il serait encore possible de retrouver un rapport entre les hommes et les femmes qui soit “naturel” et “simple”, conforme à la traditionnelle domination masculine (vague orientaliste qui, paradoxe de l'inculture, joui encore chez nombre de nos élites d'une image plus que positive...).

ld'autre part, il s'agissait d'inscrire dans l'esprit du colonisé un rapport de force clair et net ;

si les femmes marocaines sont à la disposition pleine et entière des hommes européens, les prostituées européennes, cantonnées dans les maisons closes, sont strictement interdites aux indigènes. Plus qu'un simple commerce de la chair, il s'agissait d'inféoder les femmes "indigènes" et, par là, les hommes, à la domination coloniale. Un système discriminatoire qui sert à avilir et à inférioriser le colonisé par rapport au colonisateur.

Bref, loin des clichés le présentant comme un Eden de sensualité, ou des rapports complaisants le présentant comme une "soupape de sécurité", Bousbir était avant tout un lien d'esclavage sexuel moderne et racialisé, dont l'impact dans la représentation que se feront les hommes de ce qu'allait devenir le Maroc indépendant de leurs femmes sera forcemment néfaste : prostituée potentielle ou traîtresse à "sa race", la femme marocaine subira durablement les préjudices de l'image véhiculée par les Bousbir et autres BMC (bordels militaires de camapagnes, réservés aux soldats).

Si l’abolition du régime de la prostitution réglementée en métropole en 1946 n'a pas concerné les colonies d'Afrique du Nord (officiellement du fait d'un "sous-développement sexuel(!)"), la prostitution, assimilée à juste titre la domination coloniale par les mouvements nationalistes, sera interdite et les quartiers réservés fermés dès avant l'accession à l'indépendance. Bousbir disparaîtra ainsi comme lieu de tolérence en 1953, notamment du fait du militantisme abolitioniste des médécins Jean Mathieu et P-H Maury, auteurs de l'étude "La prostitution marocaine surveillée de Casablanca.

Le quartier réservé", parut en 1951 et qui a mis en exergue les conditions de vie atroces des prostituées de Bousbir et le caractère "concentrationnaire" du quartier. Après l'indépendance, Bousbir, hormis sa fonction de quartier prostitutionnel, a été conservé tel quel et n'a subi aucun changement qui aurait affecté son cachet architectural certain. Le seul rappel du passé aura été la conservation, jusqu'en 2002, du nom des rues (celles de la "Fassia", de la "Doukkalia", de la "Chaouia"...), la plupart de ces habitants n'ayant aujourd'hui aucune idée de son histoire. Une histoire peu reluisante volontairement occultée des deux côtés de la Méditerranée. 

Jeudi, 17 Janvier 2013 12:02

La Flore Marocaine à travers la philatélie

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Dans le cadre de la mise en valeur du patrimoine national, le ministère des Postes émet chaque année une série de timbres représentant des plantes botaniquement identifiées.

En outre, des émissions spéciales sont quelquefois consacrées à des évènements marquants, comme le Recensement Agricole (1974, 1DH), l’Année Internationale Oléicole (1970, 0,50 DH), la Fête des Roses (1973, 0,25 DH), la 37ème Année Mondiale de l’Olivier (1990, 2DH), ou à des productions agricoles importantes, comme en 1966 le blé (0,25 DH), l’olivier (0,6 DH), les agrumes (0,4 DH) et en 1967, le coton (0,4 DH). Les timbres-taxes sont illustrés par des fruits, avec mention des noms arabes et français : oranges, cerises, raisins, pêches, pommes, fraises.

Les timbres de plus de cinq ans ne sont en vente que dans les bureaux de poste. Ils font la joie des philatélistes. Il est possible d’admirer tous les timbres marocains, parmi beaucoup d’autres objets historiques au Musée National des P.T.T à Rabat (Immeuble des P.T.T 296 avenue Mohammed V, près de la Grande Mosquée). Ce musée mérite une visite attentive : tous les timbres sont exposés dans les vitrines ; de nombreux documents d’archives, des objets ou appareils anciens relatifs au courrier et au télégraphe y sont réunis. Il est aussi possible d’acquérir au Musée les émissions marocaines récentes et les enveloppes « premier jour », de même que celles de Tunisie, d’Algérie et de l’ONU. En ce qui concerne la Flore Marocaine, le choix de l’illustration s’est porté uniquement sur les plantes existant à l’état naturel au Maroc.

Cependant, certaines contraintes dirigent la sélection de la plante figurée et choisie parmi les 4200 espèces spontanées de la flore marocaine.

Les plantes rares, ou étroitement localisées, mais connues ou peu susceptibles d’être rencontrées par le public sont écartées au profil de celles qui constituent un élément important du paysage marocain et, qui sont familières à la population, parfois pour un usage médicinal ou traditionnel. Il faut aussi que la représentation graphique ramenée à la dimension d’un timbre, soit soutenue par des formes caractéristiques et des couleurs tranchées. A cet égard, on peut se féliciter que les timbres du Maroc allient une réussite esthétique à leur intérêt scientifique.

La question de l’appellation des plantes est délicate. Nombreuses sont des plantes strictement marocaines qui n’existent pas en France et n’ont par conséquent aucun nom français. Les noms arabes sont parfois peu répandus ou s’appliquent indistinctement à plusieurs plantes qui se ressemblent plus ou moins. La seule désignation incontestable et internationalement reconnue est le nom latin qui est porté sur les vignettes.

Voici quelques indications sur les plantes des timbres récents de la série « Flore Marocaine ».

1986 : Warionia (1DH) et Mandragore (2 DH).

Warionia saharae (pas de nom français ; marocain : afessas). Cette composée est un arbuste de 1 à 2 m de haut, à écorce grise et à feuilles ondulées qui dégagent une odeur caractéristique. Cette plante existe seulement au Maroc, dans les endroits schisteux et arides à Tamanar, Agadir, Tiznit, Bouizakarn, etc… Elle est parfois utilisée comme parfum et médicament traditionnel.

La mandragore (Mandragora autumnalis : marocain : beid el ghoul). Solanée fleurissant en automne, d’où son nom, et fréquente en terrain rocailleux du litoral atlantique, de Tanger au Souss. La partie souterraine est une grosse racine pivotante de plus d’un mètre de long, qui est utilisée en magie, à cause des ramifications lui donnant l’apparence d’un petit homme avec ses bras et ses jambes. Toute la plante est très vénéneuse.

1987 : Diotis (1 DH) et Zygophyllum (2 DH).

La Diotis maritime, ou diotis blanche (Otanthus maritimus : marocain : aghbital). Cette composée est présente sur les dunes littorales de toute la région méditerranéenne où elle forme des touffes ouvertes d’un fin duvet blanc avec des fleurs jaunes. Cette plante agréablement parfumée est utilisée en infusion contre la fièvre et les vers intestinaux.

Zygophyllum fontanesii (pas de nom français ; marocain : aggaya). Cette plante charnue et gorgée d’eau forme des touffes sur certains rochers du littoral marocain battus par la mer, d’Essaouira à Skhirat ; des espèces qui lui ressemblent existent sur le littoral des provinces sahariennes ou dans les steppes désertiques.

1988 : Calotropis (3,6 DH) et Coloquinte (3,6 DH).

Calotropis procera (pas de nom français ; marocain : turcha). Asclépiadacée formant de petits arbres très spectaculaires dans les zones arides de l’Afrique et de l’Asie ; elle est fréquente dans le Maroc désertique. A la cassure, s’écoule un lait blanc très toxique, entrant dans la composition de poison de flèches. Les gros fruits doubles contiennent de nombreuses graines entourées de longs poils soyeux assurant la dispersion par le vent.

La coloquinte du désert (Citrucllus-colocynthis ; marocain : hadja, Ifegouss). Cette Cucurbitacée est fréquente dans les fonds. Ses longues tiges rampent sur plusieurs mètres de long. Les fruits secs sont aussi utilisés contre les mites dans les armoires.

1989 : Narcisse (2DH) et mélinet (2DH).

Le narcisse (Narcissus-papyraceus ; marocain : nardjes) dont les fleurs très parfumées apparaissent de Décembre à Mars dans les champs et broussailles du littoral aux moyennes montagnes de la région méditerranéenne. Le bulbe broyé est parfois utilisé en cataplasme contre les brûlures. Cette plante aux fines feuilles est dédaignée par les herbivores à cause de son goût très amer.

Le mélinet (Cerinthe major ; marocain : bzoult ed dib). Cette Boraginacée fréquente dans les friches et les bois de la plaine, a des fleurs en clochette jaune verdâtre, entourées de larges bractées violettes. Elle se trouve dans tout le bassin méditerranéen ; elle n’a pas d’utilisation particulière.

1991 : Poirier de la Mamora (3 DH) et artichaut sauvage (3 DH).

Le poirier de la Mamora (Pyrus mamorensis ; marocain : Ifnjache) existe uniquement dans la forêt de chêne-liège proche de Rabat. Il fleurit de janvier à Mars et il est alors très visible. Ses petites poires très dures ne sont pas comestibles.

L’artichaut sauvage (Cynara humilis ; marocain : Khorchef) est fréquent dans les friches et broussailles, du littoral aux moyennes montagnes. Ses feuilles sont très épineuses, ainsi que les capitules de fleurs bleu-violacé. La partie charnue des écailles du capitule est consommée crue ou cuite et utilisée également pour soigner les douleurs hépatiques.

Tous ces timbres consacrés aux fleurs mettent agréablement en valeur le patrimoine naturel marocain. Ils aident à mieux le faire connaître et contribuent ainsi à sa protection.

La procession des cierges organisée depuis quatre siècles à Salé par les Chorfa hassounis à l'occasion de l'Aïd Al Mawlid Annabaoui représente un

symbole de l'attachement des Marocains à leur authenticité et à leurs traditions ancestrales.

L'organisation de ce moussem, organisé sous le Haut patronage de S.M. le Roi Mohammed VI, témoigne également de l'attachement des Marocains aux valeurs islamiques et au patrimoine culturel. La procession des cierges remonte au règne du Sultan saâdien Ahmed El Mansour Addahbi (1578-1603), qui avait été très impressionné, lors de son séjour en Turquie en compagnie de son frère Abdelmalek Essaadi, par les festivités marquant l'Aïd Mawlid Annabaoui, particulièrement par la procession des cierges. Il décida alors de consacrer et faire valoir cette tradition ottomane d'Istanbul.

La première célébration de cette procession dans plusieurs villes marocaines remonte à l'an 986 de l'hégire. En effet, la ville de Fès fit des oriflammes peintes, Marrakech en papier et Salé en cire et c'est dans cette dernière cité que cette tradition perdure faisant naître sur la rive de Bouregreg, ce prestigieux et pittoresque Moussem des cierges de Sidi Abdellah Benhassoun, que les générations se sont relayées pour le faire revivre tous les ans. Le Sultan Ahmed El Mansour Addahbi chargera le soufi Sidi Abdellah Benhassoun(1515-1604) de veiller au bon déroulement de ce moussem, devenu par la suite l'apanage de sa descendance.

Né à Fès en 920 h/1515, Sidi Abdellah Benhassoun Abou Mohamed Abdellah Ben Hassan Alkhaldi Al Hassani Al Idrissi, plus connu sous le nom de Benhassoun, fut une sommité de son temps. Il avait puisé et affiné son savoir auprès de grands ouléma de Fès, tels Abdelouhad Al Ouencharissi et Abderrahmane Doukkali, deux Imams et prédicateurs de la Qaraouyine, ou Abdallah Habti, cheikh de la Zaouia du Jbel Lach'hab, dans les environs de Chefchaouen. En l'an 990 de l'hégire, la ville de Salé avait organisé son premier Moussem du genre, avec une procession de cierges en couleurs chatoyantes, dont la conception et la réalisation par les maîtres artisans requièrent finesse et originalité.

Au fil des siècles plusieurs familles se sont succédées à la fabrication de ces cierges, les plus célèbres sont celles d'Oubia depuis 450, la famille El Mir, El Hoceini et Lamrnissi et la famille Chekroun.

Actuellement, cette mission est confiée à la famille Belakbir. Un mois par an, les maalems s'enferment dans leur atelier pour y travailler jour et nuit. Ils fabriquent avec des moules en bois des fleurs, carrées, losanges, bleus, rouges, verts, jaunes, blancs et noirs qui une fois collés, formeront une mosaïque sur des structures en bois représentant des minarets.

Le moussem des cierges débute par la procession, organisée après la prière d'Al Asr, à la veille de l'Aïd Al-Mawlid (qui correspond cette année au 4 février).

En tête du cortège marchent les descendants du mystique Sidi Abdellah Benhassoun, suivis des ouléma et prédicateurs puis viennent ensuite les porteurs de cierges et la population.

Ce cortège sillonnera les principales artères de la ville de Salé en passant par la place Achouhada (Bab Bouhaha), jusqu'au mausolée de Sidi Abdellah Benhassoun. Cette procession sera suivie dans la soirée par des festivités marquées notamment par la tenue d'un festin auxquels sont conviés tous les participants et les familles nécessiteuses, l'exécution de la «danse de la cierge» et l'interprétation de chants de la musique andalouse avant de procéder à la cérémonie de l'allumage des cierges qui sera accompagnée de chants du samaa et du madih.

Les organisateurs de cette procession prévoient également durant cette soirée, une conférence sous le thème «l'intégrité territoriale».

Le programme de ce moussem qui se poursuivra jusqu'au 11 février, sera marqué par l'organisation d'une soirée musicale à la zaouïa Hassounia, des veillées soufies et des lectures collectives du Saint-Coran dédiées aux âmes des martyrs marocains. Figurent au menu de cette manifestation, l'organisation d'une conférence sous le thème «renouvellement de la foi à travers la sounna du Prophète Sidna Mohammed», outre l'organisation d'un festival du madih et du samaa.

Les organisateurs ont également prévu l'organisation d'une exposition de livres, des ateliers, une exposition sur la calligraphie arabe, des cérémonies de signatures de livres, des spectacles de théâtre, la visite de sites et monuments historiques ainsi qu'une opération de circoncision d'enfants orphelins.

Un brin d'espoir apparaît en cette fin de l'année 2011 avec les nouvelles autorités qui paraissent avoir compris l'importance, aussi bien fonctionnelle, stratégique, qu'historique de ce phare -patrimoine national, et nous commençons à remarquer des changements et transformations très positives que nous saluons et encourageons à fond.

Cependant, des rumeurs courent à travers Tanger, que la restauration du phare et de ses alentours a été faite spécialement pour que certaines personnalités de Tanger et de Rabat puissent passer des vacances « royales » dans un des coins les plus beaux du Maroc ; et la transformation des habitations du phare en superbes maisonnettes (sanitaire bien au dessus de la moyenne, Eau courante, électricité, chauffe-eau électrique) ne fait qu'appuyer ces rumeurs.

Connaissons mieux notre phare !

I- Situation géographique

Le phare du cap Spartel est situé à la pointe la plus nord ouest du Maroc sur un des sites touristiques les plus beaux (de part sa diversité naturelle ) et les plus visités du pays .Sa position stratégique ,tout juste à l'entrée de la méditerranée , surplombant une cote rocheuse , dangereuse par ses hauts fonds ,par ses courants violons, et souvent brumeuse , fait de lui un des phares les plus importants et les plus connus du monde.

II-Aperçu historique :

A- Les événements qui ont imposé sa construction.

Au début du XIX °S , les cotes du Cap n'étaient pas très hospitalières aux marins, non pas à cause des attaques des « pirates » de Chellah ( qui sont tombés dans l'oubli depuis 2 siècles déjà ,et devenues des légendes ) mais à cause des paramètres naturels cités plus haut , à cause de l'inexistence de ports ou d'abris en cas de tempêtes, et au manque de balisage et de feux sur les cotes ; et les nombreuses épaves dans le coin en témoignent . Parmi les naufrages les plus importants, et les plus archivés ,on peut citer la grande caravelle britannique « GALI » échouée le 27 avril 1852 à 3 miles marins au sud du Cap, le fameux bateau de guerre américain « GEO »(300 tonnes) envoyé à la région pour porter secours aux navires en détresse , et qui a coulé le 27 novembre 1858 ,sous l'effet d'une forte tempête ,à 1 mile et demi du Cap ; mais le naufrage le plus terrible ,de part ses pertes humaines, et qui a secoué le monde entier ,n'est autre que celui de la frégate brésilienne « DONIA ISABELA » ou périrent 24 officiers et plus d'une centaine de marins. Ces événements, ajoutés à d'autres moins connus, ont poussé ,en premier lieu la France et l'Espagne à prendre les devants en signant à Madrid, le 20novembre 1861 un protocole commercial avec le Maroc , et dont l'une des closes stipule que « le sultan du Maroc My Mohammed Ben Abderrahmane ,désire participer à la sécurité de la navigation internationale dans les parages, et promet de construire un phare au cap Spartel » La même année, a débuté la construction du phare sous la direction de l'ingénieur Français L. Jacky, aidé par une main d'œuvre locale (spécialisée dans la taille des pierres).Et 3 ans après càd le 15 octobre 1864 le phare a été inauguré et allumé. Par la suite, et précisément le 31 Mai 1865 ,dix puissances de cette époque ( l'Autriche, la Belgique, la France, la Grande Bretagn , l'Italie, la Hollande, le Portugal ,L'Espagne ,la Suède et les Etats Unies )ont signé un protocole avec le Maroc ,s'engageant à assumer tous les frais de la direction et de l'entretien du phare étant donné que le Maroc ne possédait pas en ce temps une flotte commerciale.

B - Evolution technique (Chronologiquement)

1864 : Pour l'allumage, les gardiens utilisaient des lampes à huile

1892 : La compagnie anglaise d'assurance « LOYDS » crée un poste sémaphore au phare, qui envoyait des signaux visuels pour les bateaux pendant le jour

1905 : Allumage au pétrole et Création du fameux « diaphone »du cap Spartel (sirène anti brouillard)

1914 : 3 ans après le naufrage du cargo « CC.DELHY » en face du phare, il y a eu une augmentation de la puissance du phare de 6000 à 20000 bougies, et quelques temps après les autorités ont décidé de relever sa puissance à 320000 bougie, vu l'augmentation importante du trafic et donc de la probabilité des risques encourus.

1926 : Restauration du bâtiment

1950 : Introduction de l'énergie électrique

1952 : Installation d'une radio de transmission (émetteur),

1954 : transformation de l'Optique du phare, qui commence à émettre les signaux (par réfraction) aux avions aussi, et augmentation de la puissance du phare (lampe de 6000watts)

C - Période de régression des prestations apportées au phare

De 1950 à 1990 le fonctionnement et l'entretien étaient assurés par des gens de métier (,formation : électromécanique et radio) ,qui imposaient leur point de vue et qui veillaient « au grain » à ce que le phare et radio phare(avec sa sirène anti brouillard) fonctionnent le plus normalement possible, et ceci pour la sécurité des bateaux et des marins. A partir de 1991 le phare va rentrer dans une phase de délaissement total de la part des autorités de tutelle, tant en ce qui concerne le fonctionnement technique que le bâtiment en lui-même qui s'usait et partait en ruine. La radio phare et la sirène anti brouillard ont disparus, le phare restait des mois sans être allumé, exposant les bateaux et les marins (surtout ceux qui ne possèdent ni radar ni GPS) à des risques incalculables et ceci sous l'indifférence totale des autorités. Cette période va durer jusqu'à 2011.

Conclusion

Le phare du Cap Spartel et son domaine naturel (des hectares de forets, qui étaient entourés de clôtures en fils barbelé avant les années 80) sont, non seulement des patrimoines nationaux, mais font partie des circuits touristiques les plus visités du Maroc. Sur ce, nous espérons que les rumeurs citées plus haut soient fausses, qu'elles soient démenties   par les autorités de tutelle pour rassurer les ONG en particulier, les Tangérois et les Marocains en général, et que ce monument, si riche par son architecture et son histoire soit ouvert au public, comme il l'a toujours été le plutôt possible. Il s'agit d'un monument construit par un Roi de la Dynastie Alaouite avec l'argent de la trésorerie du royaume et non par un particulier.

Mohammed Mrini

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